Dépôt monétaire de Grouville
Le trésor perdu des Coriosolites ?
Dans Le chaudron, l’un des albums des Aventures d’Astérix, le célèbre héros de Goscinny et d’Uderzo a maille à partir avec le chef d’une tribu gauloise rivale, un brin escroc, qui tente par tous les moyens de soustraire son magot à la rapacité des collecteurs d’impôts de Rome. Parmi les solutions préconisées, enterrer le trésor. Dans l’île anglo-normande de Jersey, la réalité a – très largement – dépassé la fiction.
Au cœur de l’exposition, le trésor véritable et Neil Mahrer au travail. Le bloc est principalement composé d’environ 70 000 pièces de monnaie datant du premier siècle avant notre ère. (© Stéphane William Gondoin)
À l’origine de cette trouvaille exceptionnelle, l’intuition et la ténacité de Reg Mead, membre de la Jersey Detecting Society et chercheur amateur. Sur la foi d’un témoignage recueilli trois décennies plus tôt, faisant état d’un fermier ayant découvert longtemps auparavant un lot de vieilles pièces d’argent en retournant son champ, il parvient à persuader le propriétaire actuel du terrain de le laisser mener des investigations. Une contrainte toutefois : n’entreprendre les recherches que lorsque les récoltes sont achevées et pour une très courte période. Reg entraîne avec lui son ami Richard Miles, pour de longues heures d’arpentage. Sempiternellement vaines année après année… Jusqu’au jour où les détecteurs de métaux dernier cri s’affolent…
Neuf ans de travail
Les deux hommes jouent délicatement de la pelle et butent à environ un mètre de profondeur sur un objet dur. En nettoyant soigneusement sa surface, ils distinguent quelques monnaies qui leur semblent indéniablement remonter à l’âge du fer. Reg et Richard ne sont cependant pas des pilleurs, comme on en rencontre malheureusement trop souvent : ils ont toutes les autorisations nécessaires et entendent faire part de leur découverte aux services compétents. Il faut notamment que la trouvaille soit analysée dans son contexte archéologique, afin d’en tirer le maximum d’enseignements. Ils alertent donc Neil Mahrer et Olga Finch, respectivement conservateur au Jersey Museum et curatrice en archéologie pour le compte de Jersey Heritage.
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