La Normandie gauloise
De l’indépendance gauloise à la soumission à Rome
En 58 av. J.-C., les légions romaines commandées par le proconsul Jules César pénètrent en Gaule avec la ferme intention d’en découdre. Bien que très éloignés des premiers théâtres d’opérations, les territoires composant la future Normandie vont bientôt se trouver emportés dans la tourmente.
Combat entre Gaulois et Romains (Arverniales de Gergovie en 2008). (© Stéphane William Gondoin)
L’appellation Normandie, que nous employons volontiers ici, peut sembler anachronique au lecteur averti. Elle présente toutefois l’avantage de fixer un cadre géographique clair et de faciliter ainsi la compréhension du propos. Que la mémoire de Rollon repose en paix : le grand Viking est bien, dans notre esprit, le véritable fondateur de la Normandie !
Avant la conquête : l’indigence des sources
Difficile de tracer une vue d’ensemble de notre Normandie à la veille de la conquête romaine. Les sources écrites qui la concernent sont à la fois rares et imprécises, rédigées par des géographes ou des observateurs certes fort talentueux, mais souvent très éloignés de nos contrées et en ignorant presque tout. Les géographes Strabon (Ier siècle ap. J.-C) et Ptolémée (IIe siècle), le naturaliste Pline l’Ancien (Ier siècle), César lui-même, le seul qui soit véritablement contemporain et qui connaisse le secteur, nous permettent toutefois de restituer un territoire peuplé d’une myriade de tribus : dans les grandes lignes, Calètes et Véliocasses au nord de la Seine, Aulerques Éburovices dans l’est des actuels départements de l’Eure et de l’Orne, Lexoviens à cheval sur l’Eure et le Calvados, Ésuviens dans la haute vallée de l’Orne, Viducasses dans la plaine de Caen, Baïocasses dans le Bessin, Unelles dans le Cotentin et Abrincates dans le sud de la Manche. Pline et César fixent la Seine comme la limite naturelle entre la Gaule Celtique et la Belgique, les tribus belges appartenant à la plus récente des grandes vagues d’immigrations celtes.
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