Saint-Céneri-le-Gérei
Miracles pour un coin de paradis
Lové dans un écrin de verdure au cœur des Alpes Mancelles, en lisière des départements de la Mayenne et de la Sarthe, ce bourg ornais peut s’enorgueillir de posséder un patrimoine exceptionnel, hérité d’une histoire longue et mouvementée. Patrimoine Normand vous emmène en dehors des sentiers battus, à la découverte d’un village classé parmi les plus beaux de France.
Saint-Céneri-le-Gérei, « monstrueux rocher » selon Orderic Vital. (© Stéphane William Gondoin)
En sortant des faubourgs d’Alençon, juste avant d’amorcer sa descente en direction du Mans, la Sarthe décide de prendre son temps et dessine paresseusement une large boucle en direction de l’ouest. Pendant une vingtaine de kilomètres, elle serpente lentement dans un décor semé de prairies, de champs, de fermes isolées dissimulées dans les replis du terrain ou derrière de maigres bosquets. Par l’un de ces étonnants caprices dont la nature a le secret, le relief se fait tout à coup plus tourmenté et le paysage prend des allures montagnardes. À la pierre Bécue, gros rocher hiératique léché par des eaux claires, la rivière s’enfonce dans des gorges et dessine un méandre enserrant une franche éminence. Ce promontoire est coiffé en son sommet d’une minuscule église romane, âme du village de Saint-Céneri. À son propos, le professeur Lucien Musset écrivait : « Il n’est guère d’église normande qui se marie aussi heureusement au paysage naturel. C’est un coup d’œil difficile à oublier ; il repose de la grandeur un peu solennelle des abbayes et des cathédrales où les ducs ont voulu exprimer l’étendue de leurs ressources. »
Aux temps mérovingiens
La commune tire la première partie de son nom d’un certain Senericus , que l’on retrouve également parfois sous les formes Cenericus et même Serenicus. Selon le récit hagiographique qui lui est consacré, peut-être rédigé au IXe ou au Xe siècle, il est né à Spolète, au centre de la péninsule italienne, sans doute dans le premier quart du VIIe siècle. Fils de nobles, il a un frère appelé Seneredus (Cénéré). Les deux garçons reçoivent une éducation de qualité et baignent depuis leur plus jeune âge dans les préceptes de la foi chrétienne. Appelés à terme à recevoir l’héritage paternel et à assumer les plus hautes fonctions, ils n’aspirent cependant qu’à mener une vie simple, consacrée à la prière et à la méditation. Ils décident donc un jour de tout quitter et gagnent Rome. Ils y entament une carrière dans le clergé, mais comprennent vite que les fastes de la cour pontificale ne sont pas faits pour eux. Chacune de leurs décisions se trouve confortée par des visions angéliques. Bref, ils semblent inspirés.
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