PATRIMOINE NORMAND

Loups-garous en Normandie

« Bête de Caen et autres monstres dévorants »

On l’appelle la bête de Caen, mais aussi la bête du Cinglais ou encore la bête d’Évreux. Sous le règne du roi Louis XIII, au temps où ferraillent d’Artagnan et ses mousquetaires, cet insaisissable prédateur attaque et dévore plusieurs dizaines de personnes. C’est du moins ce que rapportent un certain nombre de documents contemporains. Cent trente ans avant le Gévaudan, la Normandie vit dans la terreur d’une « beste furieuse ». Le bon peuple murmure qu’un loup-garou rôde… De quoi réveiller les terreurs ancestrales !

Unique représentation connue à ce jour de la bête du Cinglais. Estampe allemande contemporaine. (DR)

La forêt de Cinglais fut le théâtre de sanglants événements de l’année 1632. Unique représentation connue à ce jour de la bête du Cinglais : une estampe allemande contemporaine des faits. (DR)

Mis à jour le 4 février 2026 à 23:34 Par
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Le terme garou et son dérivé normand, varou, sont d’origine germanique, formés sur la base des mots wer (homme) et wulf (loup). La locution loup-garou est donc un beau pléonasme : littéralement loup-homme-loup.

Loups-garous antiques

Depuis la plus haute Antiquité, les hommes soupçonnent certains de leurs congénères de posséder l’étrange faculté de se muer en diverses créatures animales. La mythologie et la littérature gréco-romaines abondent en personnages métamorphosés, le plus souvent victimes d’un sort ou d’une malédiction. Dès le Ve siècle avant notre ère, l’historien grec Hérodote évoque le cas des Neures, énigmatique peuple d’Europe centrale, dont chacun des membres  « se change en loup une fois par an, pour quelques jours, puis reprend sa forme primitive. » Ovide raconte pour sa part, dans Les Métamorphoses, comment Lycaon, roi d’Arcadie, est condamné par Jupiter à errer sous l’apparence d’un loup : « Après avoir gagné la campagne silencieuse, il se met à hurler ; en vain il s’efforce de parler ; toute la rage de son cœur se concentre dans sa bouche ; sa soif habituelle du carnage se tourne contre les troupeaux et maintenant encore il se plaît dans le sang. Ses vêtements se changent en poils, ses bras en jambes ; devenu un loup, il conserve encore des vestiges de son ancienne forme.

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