Abbaye de la Lucerne d’Outremer
Pierres et jardins
Des jardins de pierre, cernés par de hauts murs. Massifs, pelouses, haies ou rosiers avoisinent un très ancien colombier, un porche monumental, une tour-lanterne carrée qui domine l’ensemble architectural au cœur de la nature avranchine. Contre le temps, les éléments et les hommes, La Lucerne a décidé de ne pas mourir : depuis près d’un demi-siècle, elle revient même à la vie, patiemment, obstinément, et retrouve peu à peu son aspect d’origine.
Abbaye de la Lucerne d’Outremer. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Elle naît en 1143, en un siècle multiplicateur des fondations monastiques. Vingt-trois ans auparavant, le Rhénan Norbert de Xanten avait créé près de Laon l’ordre des Prémontrés. Ses chanoines réguliers nourrissent l’ambition d’allier à la vie contemplative chère aux Augustiniens et aux Cisterciens l’ordre de Cîteaux est né en 1110 une présence auprès des chrétiens de leur paroisse. En 1126, le pape Honorius II confirme l’ordre du futur Saint-Norbert qui ne tarde pas à essaimer. En Normandie, Ardenne près de Caen a surgi de terre dès 1121 ; toutefois, son rattachement aux prémontrés n’interviendra qu’en 11441, le temps de trouver ses marques parmi l’efflorescence spirituelle de l’époque. Dès lors, elle dépendra de l’abbaye de Sainte-Trinité de La Lucerne, qui existait depuis un an, il est vrai en tant que prieuré, en un autre lieu et sous un autre nom ! L’abbaye de Blanchelande, dans la Manche, sera elle aussi un monastère prémontré.
Une abbaye rurale
La construction de La Lucerne, en effet, s’est effectuée en trois étapes distinctes. En 1143, Hasculfe de Subligny fonde un premier établissement avec le soutien de son frère Richard, évêque d’Avranches. Ce sont alors des chanoines de l’abbaye flamande de St-Josse-au-Bois (diocèse d’Amiens) qui prennent pied dans la forêt de Courbefosse pour y établir le prieuré du même nom. Très vite, comme il arrive fréquemment en pareil cas, une petite communauté se greffe autour d’eux. Tancrède en devient le prieur.
Le logis abbatial. (© Thierry Georges Leprévost)
En 1145, Tescelin lui succède. Devenu abbé, il décide de quitter le site initial (là non plus, le cas n’est pas rare) pour transporter ses moines dans la vallée du Thar qui lui semble plus hospitalière. Ce n’est pourtant pas encore leur destination définitive.
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Notes
- Sur l’abbaye d’Ardenne, se reporter à Patrimoine Normand n°02.
