Massacre nazi à la prison de Caen
Que sont devenus les corps ?
Le 6 juin 1944, face à la puissance de feu du Débarquement allié, les Allemands sont persuadés que Caen sera pris dans la journée. Affolé, Harald Heyns, chef local de la SIPO-SD, cherche à évacuer les détenus politiques de la Maison d’Arrêt. Faute de camions, et la gare bombardée étant inutilisable, il ordonne l’exécution sommaire de plus de 70 Résistants. Les prisonniers sont abattus par ses SS dans les courettes intérieures de l’établissement pénitentiaire, où des prisonniers allemands ont rapidement creusé des fosses pour les y ensevelir. Fin juin, les corps seront exhumés pour être transportés vers une destination incertaine.
Maison d’arrêt de Caen. Combien de détenus ont-ils été exécutés par les Nazis au cours de la journée du 6 juin ? Que sont devenus les corps des prisonniers ? (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Le 29 juin 1944
Après le Débarquement, l’avancée des libérateurs s’avère plus lente que prévu, car la partie ouest de la cité ducale ne sera prise que le 9 juillet. À Rouen, les supérieurs nazis du docteur Harald Heyns ont eu connaissance du massacre de la prison. Voyant la relative stabilité du front, le commandant Müller met à profit ce répit pour faire disparaître le charnier, ainsi qu’en témoigne son subordonné l’untersturmfürer Henrich Meyer, responsable de la section 4 du service de police de sécurité de Rouen, lors de son audition du 24 avril 1982 :
« Je sais que le commandant Müller, son adjoint Nahrich et moi-même, lorsque nous avons été mis au courant de l’exécution, nous avons été d’avis qu’il fallait en faire disparaître les traces. Nous redoutions que les troupes alliées débarquées ne trouvent les corps au moment de leur avance et ne portent l’exécution à la connaissance du public en tant qu’atrocités de la part des Allemands. C’est ce qu’il fallait éviter selon notre opinion. Je ne sais pas combien de temps s’était écoulé entre l’exécution et le jour où nous l’avons appris. Le commandant, son adjoint et moi-même avons convenu d’exhumer les corps et de les brûler quelque part. Je sais que le Kommandeur de Rouen a procuré deux petits camions et qu’un détachement de volontaires russes a emmené les corps des détenus fusillés de la prison de Caen. »
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