Caen
Une ville attachante
Pour tous les Normands, il y a un avant et un après. Avant la Seconde Guerre mondiale, et après. Avant le Débarquement, et après. Avant la bataille de Normandie, et après. Caen aurait préféré, à l’instar de Bayeux, être l’exception qui confirme la règle. Il n’en est rien. Pendant la tourmente qui sévit du 6 juin au 23 août 1944, plus de la moitié de la ville est détruite, chacun des 60 000 habitants est meurtri dans sa chair, dans ses biens, dans son identité. En écho à la remarquable exposition Caen en images présentée au musée de Normandie à l’occasion du 75e anniversaire du D-Day, nous évoquons ici ce qu’était Caen au XIXe siècle, jusqu’à la Grande Guerre.
Vue générale de Caen, prise du moulin au Roi ; Adolphe Maugendre ; vers 1850. (© Musée des Beaux-Arts de Caen/P.Touzard)
« Ce pays est très beau, et Caen, la plus jolie ville, la plus avenante, la plus gaie, la mieux située, les plus belles rues, les plus beaux bâtiments, les plus belles églises. »
Ainsi s’exprime la marquise de Sévigné, dont on connaît l’enthousiasme naturel et le penchant pour les superlatifs. Son contemporain caennais Jean Regnault de Segrais n’est pas moins dithyrambique : « Caen, qui par son assiette et commode et plaisante, Par son air toujours pur, sa demeure riante, Par ses prés, par ses eaux et par mille beautés, Justement le dispute aux plus nobles cités. » Le lyrisme de Jean Moisant de Brieux, autre Caennais, est tout aussi élogieux : « Caen, ô Caen, si de ma mémoire Jamais je songe à te bannir, Si de ton charmant souvenir Je ne fais ma plus grande gloire, Que je sente engourdir mes doigts, Qu’aussitôt ma langue séchée, Au palais enroué se trouvant attachée, Perde l’usage de la voix. » On objectera que le goût pour l’exagération de Marie Rabutin Chantal et le chauvinisme des Caennais influencent leur jugement.
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