Patrimoine Normand

Granville et alentours à travers les vues anciennes

Les propriétés géographiques, naturelles et historiques de l’Avranchin et du Cotentin ont permis aux bourgs et villes côtiers de développer tout au long du XIXe et du XXe siècle des infrastructures et des sites accueillant les adeptes des « bains de mer » et plus généralement du tourisme balnéaire. Bien sûr, cet attrait a profondément modifié l’aspect des côtes de la Manche, ce que nous proposons de voir à travers ces témoignages que sont les vues anciennes.

Vue du site primitif du casino vers 1909.

Le site primitif du « casino » quand il était encore une simple extension de bois après la période des cabanes. Ici, l’on voit les dégâts causés par une tempête. Vue vers 1909. (© Coll. Patrimoine Normand)

Mis à jour le 22 avril 2026 à 17:40 Par
Partager :

Un espace géographique porteur

Granville se trouve à l’extrémité de la vaste baie du Mont-Saint-Michel et ferme une large anse qui trouve son opposé à Cancale. Cet espace géographique présente de grandes plages de sable entrecoupées de massifs rocheux et d’écueils rocailleux. De part et d’autres de Granville, des anses protégées offrent depuis l’origine, des plages plus ou moins étendues de sable. De plus, la configuration de la presqu’île du Cotentin avec son extrémité et le « ras Blanchart » offre une bonne protection aux gros grains venant de la Manche. Toutes ses particularités font de la baie du Mont et du secteur de Granville, un endroit où toutes les conditions physiques étaient réunies pour permettre à l’activité balnéaire de s’imposer. Et de fait, dès le XIXe, Granville et plus généralement les bourgs voisins vont largement développer cette industrie des « bains ».

La Baronnie de Saint-Pair

À l’origine des bourgs et villages qui connaîtront au XIXe siècle, la manne des « bains de mers », il y a la Baronnie de Saint-Pair qui est formée de terres données au Mont-Saint-Michel par le duc Richard. La Baronnie comprend alors 47 paroisses incluses dans un quadrilatère La Haye-Pesnel, Le Loreur, Bréhal et les côtes de la Manche, les limites nord et sud sont les cours d’eau «La Vanlée » et le « Thar ». Saint-Pair était alors le centre économique le plus important de la région et Granville n’était qu’un modeste faubourg de pêcheurs. Le tribunal de la baronnie y siégeait rue de l’Audience. Les barons de Saint-Pair, seigneurs ecclésiastiques, possédaient du fait de leur fief de nombreux droits comme celui de varech, de pêche en mer et sur la mare de Bouillon, de quillage de bateaux au havre de Granville. C’est après la guerre de Cent ans que le déplacement géographique et économique de la Baronnie se fait au profit de Granville au détriment de Saint-Pair.

Gravure réalisée au XVIIe siècle par Tassin représentant la ville et la configuration particulière de Granville.

Gravure réalisée au XVIIe siècle par Tassin représentant la ville et la configuration particulière de Granville. (© Coll. Patrimoine Normand)

Le roi Charles VII avait souhaité, en 1446, la création d’un important centre économique et militaire à Granville. La ville se développa rapidement avec la construction d’un véritable port qui détrôna celui de Saint-Pair avec sa jetée. Granville récupéra des officiers de la Baronnie, le transfert du marché en 1464 avec deux foires annuelles et la décision royale d’exempter de taille ceux qui s’installeraient à Granville. De plus, Granville réussit à se libérer de la mainmise de l’abbé du Mont sur ses terres.

Il vous reste 81 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°55 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS