PATRIMOINE NORMAND

Abbaye de Fontaine-Guerard à Radepont

Dans la vallée de l’Andelle, blottie dans une forêt de silence, il était jadis une abbaye de femmes consacrée à la prière et à la méditation : l’abbaye de Fontaine-Guérard à Radepont dans l’Eure. Ce qu’il en reste présentement est un des plus bel exemple de l’architecture gothique anglo-normande du début du XIIIe siècle. Et l’eau lustrale de la source qui sourd aux pieds de ses nobles vestiges chante toujours, dans un doux murmure, cantiques et antiennes que les moniales faisaient résonner alentour. Aujourd’hui, propriété de l’Armée du Salut, ce domaine de Fontaine-Guérard veut retrouver sa splendeur passée par la mise en valeur paysagère de l’abbaye et la restitution de ses jardins monastiques dans la stricte observance de leur conception.

Fontaine-Guérard : dans la pureté d’une abbaye cistercienne. Approche de l’abbaye dans un cadre idyllique et verdoyant.

Fontaine-Guérard : dans la pureté d’une abbaye cistercienne. Approche de l’abbaye dans un cadre idyllique et verdoyant. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 21 avril 2026 à 16:52 Par
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Dans la rigueur cistercienne

Au début, simple prieuré de bénédictines dépendant du diocèse de Rouen, cette petite communauté de religieuses s’établit dans cette vallée vers 1184, par le comte Amaury de Meulan, sur la demande du comte Robert de Leicester, dit « aux blanches mains », lors de l’avènement du roi Richard Cœur de Lion. En 1207 le monastère se rattache à l’ordre de Cîteaux dont les règles austères attirent à l’épo­que de nombreuses vocations. Cet ordre religieux prônait un retour aux sources de la vraie foi sans dorure ni ostentation. On retrouve cette tendance en architecture, toute de sobriété, où les sculptures et les peintures étaient proscrites, où les moines blancs se devaient être des pauvres parmi les pauvres, où la devise de saint Benoît se résumait à « prier et travailler ».

L’en­semble des bâtiments est édifié au début du XIIIe siècle et l’église abbatiale est consacrée en 1218 par Robert Poulain, archevêque de Rouen. Ida en est la première abbesse alors que Fontaine-Guérard est érigée en abbaye en 1253. Si cette abbaye connut à son époque un certain rayonnement, c’est qu’elle bénéficia la plupart du temps d’aides de grands seigneurs comme Guillaume de Poissi, seigneur de Radepont, mais aussi de rois : Philippe Auguste, Saint Louis, Philippe le Hardi, Charles le Bel…

Intérieur de l’église abbatiale de l'abbaye de Fontaine-Guerard, enfilade de la nef.

Intérieur de l’église abbatiale, enfilade de la nef. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)

Un drame sanglant à l’abbaye

Dans leur solitude, la vie des moniales s’écoulait en toute simplicité, ponctuée de prières et de dévotions. Jusqu’en cette année 1399, année marquée par un drame épouvantable qui allait secouer toute cette petite communauté paisible sous la conduite de l’abbesse Jeanne de la Treille.

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