PATRIMOINE NORMAND

Saint-Vigor-le-Grand : colline sacrée

Saint-Vigor, commune et paroisse, se distingue de Bayeux, tout d’abord pour son Mont Phaunus devenu lieu sacré !

Saint-Vigor-le-Grand. La place précédant le prieuré de Saint-Vigor est située au point haut comme nous le voyons avec le bombement du terrain entre la porterie du XIIIe siècle, à gauche, et l’église de style classique, à droite. L’église priorale, lieu saint par excellence, fondée par Saint Vigor, se dressait entre les deux, là où s’élèvent de grands arbres, remplaçant le bois sacré antique, au point le plus élevé, à l’endroit où se tenait, de toute évidence, le culte au dieu gaulois Belenos. Méconnu et à l’écart de l’agitation urbaine, ce lieu est l’un des plus sacrés du Bessin. Lieu de culte chrétien fondé il y a un millénaire et demi sur un lieu de culte antique très important qui était le siège d’un collège de druides au-dessus de l’an­tique cité des Bajocasses.

Saint-Vigor-le-Grand. La place précédant le prieuré de Saint-Vigor est située au point haut comme nous le voyons avec le bombement du terrain entre la porterie du XIIIe siècle, à gauche, et l’église de style classique, à droite. L’église priorale, lieu saint par excellence, fondée par Saint Vigor, se dressait entre les deux, là où s’élèvent de grands arbres, remplaçant le bois sacré antique, au point le plus élevé, à l’endroit où se tenait, de toute évidence, le culte au dieu gaulois Belenos. Méconnu et à l’écart de l’agitation urbaine, ce lieu est l’un des plus sacrés du Bessin. Lieu de culte chrétien fondé il y a un millénaire et demi sur un lieu de culte antique très important qui était le siège d’un collège de druides au-dessus de l’an­tique cité des Bajocasses. (Photo Georges Bernage © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 10 avril 2026 à 16:20 Par
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Saint-Vigor-le-Grand sem­ble faire corps avec Ba­yeux, pour ceux qui ne sont pas Bajocasses. La mairie, l’église et l’essentiel de l’habitat, à l’exception de quelques hameaux et fermes, se trouvent rassemblés à l’intérieur du « by-pass », ce boulevard périphérique ouvert par les Anglais à l’été de 1944, même si le territoire de la commune, fort vaste, le déborde largement. Saint-Vigor, se distingue toutefois de Bayeux en ayant gardé son aspect villageois, à l’écart de la cité bayeusaine. Ses petites rues sont bordées de maisons basses avec des terrains protégés par de grands murs. C’est un village à l’écart de la ville.

Comme le Mont Palatin à Rome, le Mont Phaunus domine Ba­yeux, d’une vingtaine de mètres par rapport à son point bas, le cours de l’Aure qui bordait la cité antique à l’est. Ce dernier se situe à une quarantaine de mètres d’altitude alors que l’église de Saint-Vigor, le point haut, est à 65 mètres. Au sud de celle-ci se dressent le château d’eau et une antenne, montrant que le point haut de la cité des Bajocasses se situe bien là, à proximité d’un quartier du « Mont Phaunus ». Mais remontons l’Histoire de quinze siècles. Il y avait là sur ce Mont Phaunus, un bosquet de chênes sacrés et un antique lieu de culte gaulois. C’est alors, probablement, le lieu le plus sacré de la tribu des Bajocasses, pénétrée maintenant d’éléments francs mais surtout saxons, alors que le christianisme s’implante dans la région.

La « légende dorée » de Saint-Vigor (voir encadré) nous donne beaucoup d’informations sur ce site cultuel. Sidoine Apollinaire, né à Lyon en 431, à la fin de l’Empire romain, élu évêque de Clermont-Ferrand en 471 (et décédé vers 489), évoquait déjà ce Mont Phaunus près de la cité de Bayeux où se trouvait un collège de druides consacré au dieu gaulois Belenos. Cette divinité gauloise correspond à l’Apollon des Grecs et des Romains, mais c’est une divinité plus complexe qu’il n’y paraît1. Son nom signifie le « Lumineux » d’où son aspect solaire, appolonien. Mais, pour les Gaulois, il possède d’autres noms attestant d’autres qualités. Il a aussi un aspect guérisseur sous les noms de Grannos (Rayonnant – attesté dans le nom de Grand, localité des Vosges) et de Borbo (Bouillonnant – Bourbon et Bourbonne sont des cités thermales avant d’avoir donné son nom à une lignée royale).

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Notes

  1. Voir à ce sujet l’article très détaillé de René de Verneuil, De Belenos à Saint Michel, dans la revue Heimdal n° 42 (Hiver 1986).
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