Il était une fois le pays de Bray
De par sa position singulière, à l’est de l’actuel département de Seine-Maritime, le pays de Bray fut longtemps une zone frontalière, entre peuples celtes d’abord, entre évêchés ensuite, entre royaume de France et duché de Normandie enfin. D’où son histoire pour le moins agitée jusqu’à l’annexion de la Normandie par Philippe Auguste, en 1204. En dépit de crises ponctuelles plus ou moins longues, plus ou moins violentes, on y vécut ensuite durant des lustres au rythme des saisons et des travaux des champs. Jusqu’à la catastrophe de juin 1940…
Le village de Saint-Saëns, aux portes de la forêt d’Eawy et du pays de Bray. (© Stéphane William Gondoin)
Sur le plan géologique, le pays de Bray est ce que l’on appelle une boutonnière, c’est-à-dire, selon le Larousse, une « dépression résultant de l’évidement par l’érosion de la partie axiale d’un bombement anticlinal ». En d’autres termes, les contrecoups de la lointaine surrection alpine ont ici engendré un relief, un pli (anticlinal), avec des roches plus tendres à son sommet. Celles-ci se sont érodées plus rapidement, sous l’action des éléments, pour former une dépression (boutonnière). Le pays de Bray est donc une sorte de vallée qui s’étire sur environ 80 km de long et 2 à 15 km de large, entre les communes seinomarines de Dampierre-Saint-Nicolas, Meulers, Saint-Vaast-d’Équiqueville, et les portes de Beauvais, dans l’Oise. Il existe par conséquent un pays de Bray normand et un pays de Bray picard. Le pays de Bray est donc une sorte de vallée qui s’étire sur environ 80 km de long et 2 à 15 km de large, entre les communes seinomarines de Dampierre-Saint-Nicolas, Meulers, Saint-Vaast-d’Équiqueville, et les portes de Beauvais, dans l’Oise. Il existe par conséquent un pays de Bray normand et un pays de Bray picard.
Plantons le décor
Notre boutonnière est sillonnée par plusieurs cours d’eau. La Béthune, premièrement, s’écoule depuis les abords de Forges-les-Eaux (Gaillefontaine) jusqu’à sa confluence avec la Varenne et l’Eaulne, pour former la rivière d’Arques qui se jette dans la Manche. Le Thérain, ensuite, naît également dans les parages de Gaillefontaine (Grumesnil), mais quitte aussitôt la Normandie pour s’en aller rejoindre l’Oise. L’Andelle et l’Epte enfin, deux rivières de grande importance pour l’histoire de notre région, prennent également leur source à proximité de Forges-les-Eaux, pour descendre vers la Seine, au bassin versant de laquelle elles appartiennent. Le pays de Bray est par conséquent une terre d’eaux, ce que trahit son nom même : Bray vient en effet du bas-latin bracus, avec sans doute à la base une racine celtique signifiant « vallée » ou « lieu humide ».
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