Les dépôts d’objets en bronze dans le département de la Manche
Un phénomène mystérieux des âges du Bronze et du Fer1
Bien avant que l’archéologie ne s’impose comme discipline, la Normandie s’illustrait déjà par une découverte fondatrice : celle du tout premier dépôt de l’âge du Bronze recensé en France. Des haches enfouies au Mesnil-Hue au XVIIIe siècle jusqu’aux programmes scientifiques les plus récents menés dans la Manche, trois siècles de recherches ont peu à peu révélé la richesse d’un patrimoine protohistorique exceptionnel. Derrière ces amas de métal, c’est tout un monde disparu – celui des gestes, des croyances et des échanges de nos ancêtres – qui refait surface.
Fouille du dépôt d’Agneaux. L’ensemble est placé dans une petite fosse qui va faire l’objet d’une fouille fine, permettant de restituer le mode de dépôt des objets. (© Cyril Marcigny)
La Normandie peut s’enorgueillir d’avoir la plus ancienne mention de la découverte d’un dépôt de l’âge du Bronze en France. Ainsi, dès le début du XVIIIe siècle, Jean de La Roque, qui séjournait chez le marquis de Béthune à côté du Mesnil-Hue (Manche), reconnaît une série d’objets qui ressemblent trait pour trait à ceux trouvés en Angleterre, dans le comté de York, et cités par l’antiquaire Thomas Hearne dans une de ses publications.
Dans son article, daté de 1713, Jean de La Roque relate avec détail la découverte : « […] quelques paysans faisant des fosses pour planter des pommiers, trouvèrent des instruments de cuivre […]. Ils en trouvèrent une grande quantité, en sorte qu’ils en amassèrent assez pour faire la charge d’un cheval […] ». Il décrit ensuite les objets, « […] des pièces de cuivre qui ont la forme d’un coin, dont le bout le plus affilé parait avoir été tranchant. […] Il y a à l’autre bout une espèce de trou, ou de cavité, avec un anneau, ou une petite anse à côté. » Il s’agit là, de toute évidence, de haches à douille d’un type qui peut être daté de la fin de l’âge du Bronze, ou plus certainement du début de l’âge du Fer. Si l’auteur commet une erreur en attribuant ces haches à l’époque antique, il ne fait que reproduire les errements de son temps en matière de datation puisque, à cette époque, l’âge du Bronze n’est pas reconnu dans les chronologies en usage.
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