PATRIMOINE NORMAND

L’Angélus de Millet

Un chef-d’œuvre de l’école réaliste à la dimension sacrée

Peint en 1857, L’Angélus de Jean-François Millet s’impose comme l’une des œuvres les plus emblématiques de l’école réaliste, à la croisée du souvenir intime et de la spiritualité rurale. Inspiré par l’enfance normande de l’artiste et par une foi héritée de sa grand-mère, ce tableau élève un geste quotidien — la prière des champs — au rang de scène universelle, à la fois sociale, poétique et profondément sacrée.

L’Angélus de Millet – un chef-d’œuvre de l’école réaliste à la dimension sacrée

L’Angélus. Jean-François Millet, 1857–1859, Huile sur toile, 55,5 × 66 cm, 1857–1859. Exposé au musée d’Orsay, Paris. (© Sous licence CC0 1.0 – creativecommons.org)

Mis à jour le 29 mars 2026 à 22:39 Par
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Payé 800 francs par son premier acquéreur, il a été racheté, trente ans plus tard, à prix d’or, 800 000 francs, par le propriétaire des Grands Magasins du Louvre, et légué au musée du même nom. L’Angélus a été avant tout inspiré à son auteur par le souvenir de la prière que sa grand-mère faisait réciter aux champs et la forte éducation chrétienne qu’il avait reçue d’elle. Louise Jumelin, veuve de Nicolas Millet était d’une piété fervente et elle exerçait sur sa famille une sorte de matriarcat. Elle eut une particulière affection pour l’aîné de ses petits enfants, Jean-François, qui était son filleul. Quand celui-ci s’éloigna de son village natal pour suivre sa vocation artistique à Paris, elle l’adjura par lettre « de ne jamais faire de mauvais ouvrage ». Un mendiant était très bien accueilli quand il frappait à sa porte, et le tableau acquis par le musée Thomas-Henry de Cherbourg représente une fillette lui apportant le morceau de pain coupé pour lui. Chez les Millet, on formait les enfants à la charité : tel est le titre de cette belle toile qui évoque le climat familial religieux, et qu’il est donc permis de rapprocher du très fameux tableau du couple en prière sur le lieu même de son travail.

À Barbizon, les premiers hôtes de l’auberge Ganne étaient venus « rencontrer la nature chez elle » et s’exercer devant les rochers et les chênes à la lisière de la forêt de Fon­tainebleau, ou bien reflétés, dans un sous-bois, par la moindre pièce d’eau.

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