Deauville ou Mornyville ?
Mars 1865 : la disparition du duc de Morny
À Deauville, station née de la volonté d’un homme, le souvenir du duc de Morny demeure indissociable de son histoire. Demi-frère de Napoléon III, bâtisseur visionnaire autant que personnage controversé, Charles de Morny transforma un simple marais en lieu de villégiature prisé. Entre ambitions politiques, vie mondaine et destin posthume mouvementé, son parcours éclaire les origines d’une des plus célèbres stations balnéaires de Normandie.
Le duc de Morny et Deauville. (© DAO Patrimoine Normand)
Deauville, mars de 1865
Chaque fois que je me rends sur les planches, les fameuses planches en bois d’azobé de Deauville, j’ai une pensée émue pour le duc de Morny, l’homme qui a eu un jour l’idée de transformer les marais de Dosville en station balnéaire. À quarante-six ans, Charles de Morny, demi-frère de l’empereur Napoléon III – ils partageaient en effet la même maman en la personne d’Hortense de Beauharnais – avait épousé la ravissante princesse Sophie Troubetzkoy, de vingt ans sa cadette. Toute belle qu’elle fût, il ne pouvait s’empêcher de la tromper. Pour l’éloigner un peu de Paris, afin de pouvoir mener sa folle vie de noceur, sans crainte d’être sous sa haute surveillance, il lui avait dit un jour, en se penchant tendrement vers elle : « Que diriez-vous, petite fée des neiges, si je vous installais dans un petit château, en bord de mer ? » Sophie avait applaudi et son mari lui avait alors construit une merveilleuse résidence, à Deauville, à l’emplacement même où se dresse aujourd’hui le Royal.
Adorable Sophie Troubetzkoy qui, lorsque son mari mourut, le 10 mars de 1865, déclara simplement, les yeux baignés de larmes :
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