Cécile Sorel à Hennequeville
Reine de l’esprit, souveraine de l’élégance et légende du théâtre français, Cécile Sorel aura traversé près d’un siècle avec une insolente liberté. De la Comédie-Française aux salons du pouvoir, des traits d’esprit assassins aux fastes d’une gloire intacte, c’est en Normandie que s’achève en 1966 le destin hors norme de celle qui avait ensoleillé son époque.
Cécile Sorel à Hennequeville. (© DAO Patrimoine Normand)
Hennequeville, septembre de 1966
– L’ai je-bien descendu ?
En longeant la Côte Fleurie, entre Villerville et Trouville, j’ai eu une pensée émue pour cette comédienne qui, un soir de 1933, au pied de l’escalier Dorian du Casino de Paris, a lancé cette phrase devenue mythique, cette comédienne qui est venue mourir trente-trois ans plus tard au château de Hennequeville. Au moment de rendre l’âme, le samedi 3 septembre de 1966, à la suite d’une fracture du fémur et dans la propriété normande que lui avait louée son ami le baron Jean Barclay Dupuy de Latour, elle aurait soupiré :
– Je remercie Dieu de m’avoir permis d’ensoleiller mon époque et de m’avoir donné une vie si magnifique.
Et elle aurait pu ajouter « et si longue ! » puisqu’elle était quand même née en 1873, cette femme de quatre-vingt-treize ans qui s’appelait Céline Émilie Seurre pour l’état civil, mais que le monde du spectacle connaissait sous le nom de Cécile Sorel. Mais quelle étonnante carrière que celle de Cécile qui était devenue sociétaire de la comédie française en 1903 et qui avait brillamment interprété tous les plus grands rôles ! Elle était comtesse de Ségur, aussi, par son mariage avec le neveu de l’auteur des Malheurs de Sophie et des Petites filles modèles.
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