Les Chemins du Mont-Saint-Michel
De la connaissance à la redécouverte
Le Mont-Saint-Michel a été conçu et construit au cours des siècles comme un centre religieux en l’honneur de l’archange saint Michel. Son culte venu d’Orient a été diffusé dès le Ve siècle par le Monte Gargano (Pouilles, Italie), qui a servi de modèle au sanctuaire normand lors de sa fondation au début du VIIIe siècle. Érigé en abbaye en 966 et bénéficiant de l’appui des ducs de Normandie, il s’est développé au lendemain de l’an mil avec la construction d’une vaste église romane dont on fête le millénaire cette année. Dès cette époque, parallèlement à Saint-Jacques de Compostelle, le Mont-Saint-Michel est devenu un grand centre de pèlerinage qui attire des fidèles venus de toutes les provinces de France et d’Europe. Découvrons l’histoire de cette tradition millénaire et de l’association qui la valorise.
Miquelots en vue du Mont durant la traversée. (© Vincent Juhel)
D’après la tradition légendaire, l’évêque d’Avranches, Aubert, visité trois fois en songe par l’Archange, fonda une première église au sommet du Mont-Tombe. Ce modeste oratoire, construit sur le modèle de la grotte du Monte Gargano, aurait été consacré à saint Michel le 16 octobre 709 et il attira rapidement un grand nombre de pèlerins. Le premier pèlerin connu par les textes est un moine franc nommé Bernard qui, au retour d’un périple au Monte Gargano, à Rome et à Jérusalem, y vint en pèlerinage en 867-868. Son récit magnifique traduit son émerveillement devant ce site sublime, envahi deux fois par jour par les flots terribles de l’océan. Il nous rapporte aussi le miracle renouvelé tous les ans des flots s’ouvrant devant les pèlerins : le jour de la fête de l’Archange, « la mer n’encercle pas le Mont, elle reste immobile comme un mur à droite et à gauche, de sorte qu’en ce jour de solennité, tous peuvent accéder au Mont, ce qui est impossible les autres jours ». La situation insulaire du sanctuaire aux confins du monde alors connu, les risques de la traversée, et la symbolique baptismale des eaux à franchir joueront toujours un rôle essentiel dans la fascination qu’exercera le Mont.
Avec l’installation des moines bénédictins au Mont-Saint-Michel en 966 et la diffusion des recueils de miracles, les pèlerins se font plus nombreux. La reconstruction de l’abbatiale à partir de 1023 par l’abbé Hildebert II atteste de cette prospérité ; c’est d’ailleurs à cette époque qu’apparaît dans les archives la première mention des chemins montais (en 1025 à Vimoutiers, dans l’Orne, il y a bientôt là aussi un millénaire).
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