PATRIMOINE NORMAND

La conquête normande de l’Italie du Sud et de la Sicile

C’est l’autre grande conquête des Normands au XIe siècle. Il y a mille ans de cela, des guerriers, pour la plupart membres de la petite noblesse, ont abandonné les rives verdoyantes de la Manche pour s’en aller quérir fortune sous le chaud soleil méditerranéen. En un peu plus d’un siècle, ils fondèrent un royaume solide, à la croisée des mondes arabe, byzantin et lombard, y apportant leur touche d’originalité pour forger une civilisation brillante. Voici l’histoire de ces hommes descendus du Nord, sur fond d’aventures épiques !

Ils étaient quarante… Les premiers Normands en Italie. (© Pixelfehler – Fondation de la Lucerne d’Outremer – DAO Patrimoine Normand­)

Ils étaient quarante… Les premiers Normands en Italie. (© Pixelfehler – Fondation de la Lucerne d’Outremer – DAO Patrimoine Normand­)

Mis à jour le 30 octobre 2025 à 23:31 Par
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Il existe une différence fondamentale entre la conquête de l’Angleterre et celle de l’Italie méridionale : la première fut menée par un chef d’État s’appuyant sur la puissance de son duché, fort de l’aide d’alliés assoiffés de richesses, tels les Flamands, les Bretons, ou les Français (au sens de l’Île-de-France) ; la seconde fut le fait de petits groupes isolés, arrivés au fil des décennies, qui n’avaient à l’origine d’autres atouts que leur science du combat, leurs bras vigoureux, une bonne épée et un bouclier. En territoire étranger, dont aucun ne parlait les différentes langues (grec, arabe, divers dialectes romans italiques), ils ont su s’adapter à un environnement constamment hostile et profiter des rivalités entre ethnies ou barons locaux. À l’origine acteurs mineurs, ils vont devenir les personnages centraux d’une épopée digne de celle de leurs lointains ancêtres scandinaves.

Une Normandie en plein essor

Après le long principat de Richard Ier (942-996), son fils Richard II (996-1026) lui a succédé sans encombre à la tête d’une Normandie qui sort de l’adolescence. Pleinement intégré au cercle restreint des grands féodaux, son maître n’est plus considéré comme le « duc des pirates », selon une formule dédaigneuse de Richer de Reims. Bien au contraire, le pouvoir noue des alliances et entend maintenant accélérer la restauration du tissu monastique, avec comme enjeu la création d’écoles dont le duché a besoin pour la formation de ses cadres. La stabilité, la paix et la prospérité retrouvées ainsi que la volonté manifeste de Richard II persuadent Guillaume de Volpiano – l’un des intellectuels les plus respectés de ce temps – de quitter l’abbatiat de Saint-Bénigne, à Dijon, pour prendre la tête de l’abbaye de Fécamp. Celle-ci est appelée à devenir le premier moteur de ce renouveau, en attendant l’arrivée de Lanfranc de Pavie et la fondation de l’école du Bec (Bec-Hellouin), dans les années 1040.

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