Les Hauteville
Du Cotentin à la Méditerranée
Les appels de Rainolf Drengot à ses compatriotes se répandent sûrement un peu partout en Normandie, mais c’est dans le Cotentin qu’ils vont avoir le plus de conséquences. Tombés dans les oreilles des aînés de la fratrie des Hauteville, ils déclenchent un exode massif des garçons de la famille, appelés à jouer un rôle décisif dans la fondation du puissant royaume de Sicile.
La famille de Hauteville au grand complet représentée sur la Broderie de Pirou, qui raconte l’épopée des Normands en Italie. (© Fondation de la Lucerne d’Outremer)
Douze ! C’est le nombre de fils engendrés par messire Tancrède, chevalier de Hauteville (aujourd’hui Hauteville-la-Guichard, Manche) et ses deux épouses, auquel s’ajoute au moins une fille. De sa première femme, Murielle, naquirent Guillaume, Drogon, Onfroi, Geoffroi et Serlon. Son second mariage avec Frésende s’avère encore plus fertile : viennent au monde Robert, Mauger, Guillaume, Alverède, Hubert, Tancrède et Roger.
Des débuts difficiles
Que faire de tous ces garçons, quand le modeste fief familial ne pourra revenir qu’à un seul d’entre eux ? Les aînés tranchent : ils partiront chercher fortune sous d’autres cieux, et Serlon héritera de la seigneurie paternelle de Hauteville. Ce n’est pas Rainolf Drengot qu’ils servent d’abord, mais, comme la plupart de leurs prédécesseurs, un prince lombard, en l’occurrence celui de Capoue. En 1038, probablement à l’instigation de Guaimar IV de Salerne, sous les ordres d’un chef lombard nommé Arduin, un contingent participe à l’expédition que le stratège byzantin Georges Manakiès mène contre la Sicile. Les Normands croisent sans doute à cette occasion leurs lointains cousins scandinaves engagés dans la célèbre garde varangienne. Parmi ces guerriers d’élite figure Haraldr hardrada (« l’impitoyable »), plus tard roi de Norvège, qui revendiquera en même temps que Guillaume le Conquérant le trône d’Angleterre. Ce personnage haut en couleur, considéré comme le dernier des Vikings, perdra la vie à la bataille de Stamford Bridge (25 septembre 1066), n’obtenant du sol britannique que les « sept pieds de terre » de sa tombe. En attaquant ainsi au nord de l’île, il aura cependant attiré à lui le roi saxon Harold de Wessex et l’essentiel de ses forces, facilitant le débarquement des Normands au sud, avec à la clef leur victoire à Hastings (14 octobre 1066).
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