L’épopée des Normands d’Italie
De l’ascension au crépuscule
Les disparitions de Robert Guiscard et de Roger de Hauteville pourraient marquer un tournant fatal dans l’histoire des Normands d’Italie, tant ces deux personnages acquirent une dimension exceptionnelle et laissèrent un vide immense derrière eux. Il n’en fut cependant rien, avec une apogée encore à venir sous le principat de Roger II. Et puis vint l’heure du déclin et de la chute, sous les coups d’un « Cyclope sanguinaire ».
Roger II, roi de Sicile, couronné par le Christ en personne. Une nouvelle monarchie de droit divin… (© Pixelfehler – Domaine public – Wikimedia commons)
Quelle carrière pour les descendants de Tancrède de Hauteville, modeste seigneur du Cotentin, dont le souvenir aurait sombré dans la nuit des temps s’il n’avait engendré pareille descendance ! Partis de rien, ses fils s’illustrèrent et s’imposèrent contre des ennemis infiniment plus puissants qu’eux. Du moins en apparence… Ils surent jouer des antagonismes locaux entre princes lombards, sur l’impopularité des autorités byzantines et les divisions entre musulmans. Cela n’empêcha nullement les rivalités normandes internes, débouchant régulièrement sur des conflits armés qui auraient pu hypothéquer leur réussite. Néanmoins, comme en Normandie à la même époque, un pouvoir central fort amena une cohésion de groupe et développa une capacité à mener des entreprises collectives, même les plus hardies.
Du « Grand Comte » au roi de Sicile
Après l’éphémère principat de Simon (1100-1105), son frère Roger II hérite du titre comtal. Digne successeur de son illustre père, il s’avère un dirigeant d’exception et parvient, en 1127, à unifier sous son sceptre tous les États normands d’Italie. En 1130, il se sent suffisamment puissant pour revendiquer le titre de roi de Sicile, que lui confirme en 1139 le pape Innocent II. Ses troupes posent le pied en Afrique du Nord (Ifriqiyya) et enlèvent certaines villes maghrébines, en Tunisie et dans l’ouest de la Libye actuelle : île de Djerba, Tripoli, Sfax, Sousse, Annaba (Bône). Ces conquêtes sont cependant vite reperdues.
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