Une brève histoire de la paléontologie en Normandie
Un certain intérêt pour les fossiles se manifeste en Normandie dès la Préhistoire. À partir de la fin du XVIIIe siècle, lorsque la paléontologie prend naissance en tant que science, elle trouve en Normandie un terrain favorable et les recherches se multiplient. Aujourd’hui, amateurs et professionnels font perdurer cette discipline scientifique sur le sol normand.
Le squelette partiel de stégosaure découvert en 1955 par le paléontologue amateur Roger Brun dans les couches calloviennes (Jurassique moyen, environ 161 millions d’années) de la carrière d’Argences (Calvados), tel qu’il est présenté désormais dans la salle consacrée à la paléontologie au Muséum d’histoire naturelle du Havre. (© Muséum d’histoire naturelle du Havre / Cléa Hameury)
Les fossiles, sources de croyances
Dès la Préhistoire, les fossiles ont attiré l’attention d’êtres humains qui habitaient le territoire de l’actuelle Normandie. Un fragment d’ammonite a ainsi été découvert lors de la fouille d’un site néolithique à Octeville, près du Havre, et une ammonite ayant sans doute servi de pendentif a été signalée à proximité d’un autre habitat néolithique datant d’environ 3000 ans av. J.-C., près de Montivilliers, également à proximité du Havre. Plus tard, à l’époque gallo- romaine, des oursins fossiles ont été déposés dans de petits temples de la région rouennaise.
Cet intérêt pour les fossiles se manifeste encore à la fin du Moyen Âge. Dans la cathédrale de Bayeux, une grosse ammonite est fixée sur un mur, accompagnée d’un texte en latin qui explique ce fossile en ces termes : « Credite mira Dei, serpens fuit hic lapis extans / Sic transformatum Bartolus attulit huc. » (Croyez au miracle de Dieu, cette grosse pierre fut un serpent / Ainsi transformé, Bartole l’a fait placer ici). Le Bartole en question est le chanoine Bartole Danjou, également docteur en médecine, qui croyait donc, comme beaucoup d’autres en son temps, que les ammonites étaient des serpents pétrifiés.
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