Patrimoine Normand

Abbaye de Grestain

Sépulcre d’une mère de roi

Dans un virage serré de la D312, reliant les communes de Conteville et de Fiquefleur, un chemin de terre descend en direction du canal de Retour, un ancien bras de la Seine. Il emmène vers un trou de verdure niché au pied d’un coteau boisé, rebord septentrional du plateau du Lieuvin. Là, il y a près de mille ans, des moines s’installèrent autour d’une source aux eaux cristallines.

Abbaye de Grestain. Le bâtiment principal. Il s’agissait de l’ancien réfectoire des moines, qui fut augmenté au XVIIIe siècle du logis du chapelain. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Abbaye de Grestain. Le bâtiment principal. Il s’agissait de l’ancien réfectoire des moines, qui fut augmenté au XVIIIe siècle du logis du chapelain. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 22 avril 2026 à 18:23 Par
Partager :

En 911, à la fondation du duché de Normandie, il n’existe plus un seul établissement monastique en activité. Tout au long du Xe siècle, et durant les années 1000-1040, les premiers ducs s’emploient à restaurer une partie de ce que leurs ancêtres scandinaves avaient ravagé. Ainsi naissent ou renaissent les communautés de Saint-Ouen de Rouen, Jumièges, Saint-Wandrille, mont Saint-Michel, Fécamp, Cerisy ou encore Montivilliers. À partir des années 1040, la haute noblesse prend massivement le relais des ducs, et les abbayes se multiplient. S’ouvre ainsi un véritable âge d’or pour le monachisme normand. Fondé en 1050 par un nommé Herluin de Conteville, le monastère bénédictin de Grestain participe à cet essor.

De bonnes fées autour d’un berceau

Automne 1082. Guillaume le Conquérant tient sa cour en l’un de ses palais normands avant de regagner l’Angleterre. Il tient à confirmer en personne, par un acte officiel, les donations consenties trente-deux ans plus tôt par Herluin, lors de la fondation de Grestain. Et pour cause : le seigneur de Conteville, décédé à cette époque, était son beau-père, l’époux légitime de sa mère tant aimée, la fameuse Arlette de Falaise.

Un chemin de terre emmène vers ce magnifique trou de verdure où s’élevait autrefois l’une des grandes abbayes normandes.

Un chemin de terre emmène vers ce magnifique trou de verdure où s’élevait autrefois l’une des grandes abbayes normandes. (© Francois Louchet)

Les premières lignes de cette pancarte nous éclairent sur les raisons de la générosité de Herluin : « L’an de l’incarnation du Seigneur 1050, sous le règne en Normandie de Guillaume, fils du marquis Robert [nda : Robert le Libéral, 6e duc de Normandie], qui plus tard devint par la grâce de Dieu roi d’Angleterre, un certain noble homme appelé Herluin, voyant les choses de ce monde promises à l’anéantissement, construisit une église en l’honneur de sainte Marie, pour y célébrer le service de Dieu sur son domaine appelé Grestain, pour l’âme de Guillaume, roi des Anglais et prince des Normands, de la reine Mathilde, de leurs fils et de leurs ancêtres, et pour son âme propre et celle de Herleve, sa femme, et pour l’âme de leur fils, le comte Robert de Mortain, et de Mathilde, sa femme, et de leurs fils.

Il vous reste 92 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°128 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS