Le prieuré Saint-Gabriel
et l’église mutilée
Construit à moins d’une lieue du château de Creully, le prieuré Saint-Gabriel constitue un fleuron patrimonial du Bessin. Établissement monastique, forteresse, prison et jardin, cet ensemble rural réunit toutes les qualités d’une promenade réussie, et son architecture romane n’a rien à envier aux grandes abbayes caennaises.
Prieuré Saint-Gabriel de Saint-Gabriel-Brécy. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Saint-Gabriel est fondé à l’initiative de l’abbaye bénédictine de Fécamp, qui constitue à l’époque le principal centre d’études de Normandie. Les ducs Richard Ier et Richard II y sont inhumés, l’école monastique est réputée dans tout l’Occident, riche de nombreuses publications et découvertes, et elle emporte la préférence de Guillaume le Bâtard, qui tient souvent sa cour au château voisin.
Une fondation politique
Le lieu d’implantation du prieuré est intimement lié au contexte historique. En 1047, les grands seigneurs du Cotentin et du Bessin se liguent contre le jeune Guillaume, un conflit qui se solde par la victoire de ce dernier au Val-ès-Dunes, l’été de la même année. Le baron de Creully, Hamon le Dentu, l’un des principaux chefs du complot, y trouve la mort. Si le duc voit son pouvoir confirmé, il entend pacifier durablement l’ouest de la Normandie. En ce sens, la construction d’un prieuré aux portes de Creully y contribue, au même titre que les deux abbayes caennaises. Du reste, la paix retrouvée est favorable au développement monastique. La première décennie du principat effectif de Guillaume voit naître Saint-Vigor de Bayeux en 1053, Lessay en 1056, Troarn en 1059
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