PATRIMOINE NORMAND

Château de Fontaine-Henry

L’unité Renaissance dans la diversité

Jean de La Varende le qualifie de « château de la Loire égaré en Normandie ». Si l’ensemble architectural de Fontaine-Henry ne peut espérer qu’un détournement du fleuve le place un jour sur le célèbre itinéraire touristique, il n’en est pas moins vrai que son évolution stylistique culmine en une merveille de la Renaissance qui n’a rien à envier à celles que chérissaient Pierre de Ronsard et François Ier.

Le château de Fontaine-Henry. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le château de Fontaine-Henry. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 19 novembre 2025 à 13:25 Par
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Dix siècle de recul

Il est rare qu’une telle demeure soit créée ex nihilo. Fontaine-Henry n’échappe pas à la règle. Sa première version voit le jour dès le XIe siècle, en pleine période romane. Par une heureuse circonstance, le village de Fontes1 est surtout voué à l’extraction et à la taille de la célèbre pierre de Creully, propice à la construction et à la sculpture, qui constitue le matériau des plus beaux bâtiments du Bessin, avec des ajouts en pierre de Caen, dont elle est du reste une variante. Rien de visible ne subsiste de cette forteresse médiévale érigée sur une terre de la riche famille de Tilly, apparentée aux ducs de Normandie. Elle comprenait trois bâtiments : le logis à l’emplacement de l’actuel château, la grande salle à son angle nord-ouest, parallèlement à la chapelle, et cette dernière un peu à l’écart. L’ensemble était clos de remparts, marqués au nord-est par une tour fortifiée qui dominait le vallon de la Mue.

Nés d’une transformation de la souche romane dont ils ont conservé une partie du plan, ses vestiges les plus anciens datent des vingt premières années du XIIIe siècle, tandis que les constructions s’affranchissent des règles qui ont fait la gloire du duché de Normandie. Ce premier gothique nous a légué les belles arcades en ogives de la chapelle, ainsi que les salles voûtées qui constituaient jadis le premier niveau d’habitation du nouveau château, et de rares vestiges extérieurs largement retouchés. Au nord, en remplacement du « donjon » primitif, les tours jumelles du châtelet datent de cette époque.

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