PATRIMOINE NORMAND

Gratot

Entre vestiges et légendes

Située aux portes de Coutances, Gratot abrite encore quelques vestiges médiévaux qui témoignent de l’histoire presque millénaire de la commune. Cette histoire, intimement liée à celle de la famille d’Argouges, connut des périodes de prospérité, mais aussi de troubles, le tout sur fond de légendes normandes.

La tour ouest est la plus ancienne partie du château ; on distingue encore l’ancienne entrée aujourd’hui murée. (© Rodolphe Corbin)

Château de Gratot. La tour ouest est la plus ancienne partie du château ; on distingue encore l’ancienne entrée aujourd’hui murée. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 4 janvier 2026 à 21:47 Par
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Des Gratot aux d’Argouges

Les premières mentions de Gratot apparaissent au XIIe siècle. Selon le Livre noir de la cathédrale de Coutances, ce nom signifierait « la demeure de Guérard ». En 1126, un certain Clarembold de Gratot est mentionné comme bienfaiteur de l’abbaye de Lessay. Par la suite, le fief de Gratot passe très brièvement aux mains des Creully. En effet, Philippe Auguste leur retire le fief pour avoir soutenu la cause de Jean sans Terre. Les terres sont rendues à Hugues de Gratot en 1204. En 1237, le mariage de Jeanne de Gratot et de Guillaume d’Argouges fait entrer le domaine dans la famille de ces puissants aristocrates du Bessin qui conserveront le domaine jusqu’en 1777. Au fil des siècles, les d’Argouges entreprendront de nombreux travaux sur le château, et feront ériger au XVe siècle l’église Notre-Dame ainsi que la chapelle Saint-Gerbold, qui sera par la suite transformée

Le château, symbole de la puissance de la famille d’Argouges

Il subsiste des doutes quant à l’origine du château. Nous ne pouvons pas déterminer avec certitude s’il a été construit par Guillaume et Jeanne d’Argouges ou s’il remplace un bâtiment préexistant. La plus ancienne partie de l’édifice actuel, la tour ouest, remonte à la fin du XIIIe siècle. Ancienne entrée du château et témoin de la fonction plutôt défensive de ce dernier à cette époque, cette tour était alors percée d’une large porte avec pont-levis permettant le franchissement de la douve étroite. L’accès aux niveaux supérieurs se faisait par le chemin de ronde, aujourd’hui disparu, du mur d’enceinte. La tour était équipée de latrines en encorbellement donnant directement sur les douves.

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