Barfleur
Porte du grand large
Après Saint-Céneri-le-Gérei et le Bec-Hellouin, Patrimoine Normand poursuit son tour des plus beaux villages de Normandie. Nous vous convions cette fois à effectuer un crochet par le Cotentin. Place aux embruns et au souffle iodé, autour du bassin d’échouage de Barfleur.
Le bassin et Saint-Nicolas, l’église paroissiale de Barfleur. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
C’est l’un de ces lieux tellement particuliers où le continent semble s’effacer sous l’immensité océane. Un bout du bout, une presqu’île, un « finistère » au sens littéral du terme : ici finit la terre, ici s’achève le domaine réservé des terriens, ici débute celui des marins. Une frontière, une limite entre deux univers qui se côtoient sans toujours bien se connaître. Sur cette lisière des mondes trône une petite église, cernée d’un cimetière que n’auraient pas renié Paul Valéry et Georges Brassens. Elle n’appartient pleinement à aucun des éléments qui la bordent, ni complètement marine, ni totalement terrestre. Battue par les embruns depuis des lustres, elle surveille le rythme immuable des marées, comptant au jusant son troupeau de rochers déchirés, recevant, impassible, l’hommage de la Manche lorsque les flots reviennent au galop. Ainsi va le quotidien de Barfleur depuis près d’un millénaire.
Un nom prédestiné
Les plus anciennes mentions connues de Barfleur remontent aux années 1066-1077. Elles figurent dans un corpus de chartes latines de Guillaume le Conquérant (1035-1087) en faveur de l’Abbaye-aux-Hommes de Caen (sous la forme Barbeflueth) et de l’abbaye pour femmes Saint-Amand de Rouen (Barbefluvium). Il faut attendre le milieu du XIIe siècle pour trouver Barfleur dans des textes rédigés en français, en 1155 d’abord, dans le Roman de Brut de l’auteur jersiais Wace (Barbefloe), puis vers 1160-1170 dans le Lai de Lanval de la poétesse Marie de France (Barbefluet).
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