PATRIMOINE NORMAND

La goélette de Fécamp & Léon Lafarge d’Honfleur

Journal de bord en Normandie – Michel de Decker

Dans ce nouveau journal de bord, cap sur la Normandie de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Nous embarquerons à Fécamp, à bord de la goélette du Banc Vert, en compagnie du capitaine Le Gall. Enfin nous y irons à la rencontre d’un « flibustier » d’Honfleur : Léon Lafarge.

Hiver 1886, la goélette de Fécamp et le vaisseau fantôme. (© DAO Patrimoine Normand)

Hiver 1886, la goélette de Fécamp et le vaisseau fantôme. (© DAO Patrimoine Normand)

Mis à jour le 18 mars 2026 à 19:15 Par
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Hiver 1886, la goélette de Fécamp et le vaisseau fantôme

Il y a déjà une petite vingtaine d’années qu’un soir, autour d’une bonne rincette, un vieux marin fécampois m’a raconté cette histoire extraordinaire. À tel point que je ne l’ai pas oubliée et que j’ai pensé qu’elle méritait de vous être racontée. Elle commence au bord du bassin de Bérigny, à la fin l’hiver de 1886. On est à Fécamp, donc, et on se prépare à monter à bord d’un trois mats, un solide terre-neuvas, un bateau spécialement conçu pour la pêche hauturière, pour la pêche à la morue dans le grand nord, tout là-haut, entre le Groenland et le Labrador, du côté du soixantième parallèle. Tout est prêt, à bord du Banc Vert. Le Banc Vert c’est le nom de la goélette sur laquelle nous allons embarquer en compagnie du capitaine Le Gall et de ses vingt-cinq hommes d’équipage.

On peut lui faire confiance à Le Gall ! C’est un vieux loup de mer, il n’en est pas à sa première expédition, le bonhomme au visage buriné par les embruns et aux cheveux blancs comme la banquise ! S’il dit que son bateau est prêt, c’est qu’il l’est ! L’avitaillement a été soigné, la bête a été soigneusement radoubée, les voiles ont été parfaitement tannées avec un mélange d’huile de lin, de cachou, de sulfate de cuivre et d’eau de mer, les cordages sont neufs. On va donc embarquer sur un excellent morutier à bord duquel il est sûr qu’on ne mourra ni de faim ni de soif puisque l’on a songé à embarquer vingt-cinq mille litres de cidre, deux mille litres de vin et neuf cents litres d’eau de vie. Sept tonnes de biscuits de mer, aussi, ainsi que deux tonnes de pommes de terre, cinq-cents kilos d’oignon, soixante kilos de potage, trois quintaux de lard salé, une demi tonne de bœuf en conserve, trois-cent-cinquante kilos de beurre, deux-cents kilos de sucre, et un bon millier d’œufs. Cent-vingt kilos de café, pour en finir, ainsi que dix kilos de thé, soixante de lait condensé, deux cents de graisse, sans compter des tas de sacs de farine, des jambons, des fromages et des légumes secs.

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