Le Spitfire de la baie de Sallenelles
Entre l’espace sauvage de la Pointe du Siège et Sallenelles, dans l’estuaire de l’Orne, une épave mystérieuse a longtemps hanté les imaginations. Elle vient de réapparaître sous les projecteurs de l’Histoire en nous montrant que dorénavant la science archéologique s’applique aussi aux vestiges de 1944.
L’épave du Spitfire abattu le 11 juin 1944, relevée de l’estuaire de l’Orne en novembre 2010. (Photo Laurent Corbin © Patrimoine Normand)
Le lointain passé de la Normandie se dévoile progressivement à nous grâce aux nombreux chantiers de fouille qui exhument régulièrement des vestiges de ce passé. L’été de 1944 a durement meurtri cette Normandie mais l’a projetée à nouveau au premier plan de la grande Histoire, elle est souvent plus connue à l’étranger pour cette période que pour ses pages d’histoire plus glorieuses. Et, dorénavant, la législation exige de fouiller les sites archéologiques de cette époque plus proche comme nous le ferions d’un cimetière mérovingien. Nous en reparlerons dans notre prochain dossier.
Ainsi, des témoignages locaux évoquaient depuis longtemps l’épave d’un avion allié ou allemand dans l’embouchure de l’Orne, sur le territoire de la commune de Sallenelles. Certains disaient avoir vu, à proximité de l’épave en bois d’un bateau, la pale d’une hélice d’avion sortant de l’eau. Bien plus, des pêcheurs racontaient que, dans les années cinquante, à marée basse, il était possible de marcher sur l’aile d’un bombardier, d’autres disant que cette aile avait été découpée à la hache pour en extraire une mitrailleuse qui aurait été encore en état de marche !… Depuis lors, Fabrice Corbin, historien et conservateur du Musée du Mur de l’Atlantique, établi à Ouistreham dans un vestige historique, un poste de direction de tir en béton à plusieurs étages, avait créé en 1990 un département archéologique consacré à la Seconde Guerre mondiale, principalement en Normandie, intitulé Génération Souvenir. En 1999, il reçoit la visite de M. Marie, président des anciens combattants de Merville-Franceville, témoignant des restes d’une épave d’avion non identifié, bien visible autrefois.
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