PATRIMOINE NORMAND

Le temple maçonnique de la rue du Débarcadère au Havre (1860-1880)

En 1860, Le Havre, débarrassé de ses remparts, était en pleine expansion. La rue Jules-Lecesne, d’abord nommée rue du Débarcadère, reliant la gare à l’hôtel de ville, voyait se construire de nouveaux immeubles. Dans le même temps, la franc-maçonnerie havraise, très active, avait besoin d’un nouveau local pour se réunir. Les Loges de l’Aménité, 3H1 et de l’Olivier Ecossais trouvèrent le terrain, les fonds, l’architecte, grâce auxquels fut dédié le Temple que nous admirons toujours, heureusement épargné par les bombardements de 1944.

L’École municipale des Beaux-Arts, ancien temple maçonnique, aujourd’hui École nationale de musique, de danse et d’art dramatique, au 44 rue Jules Lecesne, au Le Havre. Au premier étage, les chapiteaux de style grec sont doriques, tandis qu’ils deviennent ioniques au second. (© Françoise Amiel-Heber)

L’École municipale des Beaux-Arts, ancien temple maçonnique, aujourd’hui École nationale de musique, de danse et d’art dramatique, au 44 rue Jules Lecesne, au Le Havre. Au premier étage, les chapiteaux de style grec sont doriques, tandis qu’ils deviennent ioniques au second. (© Françoise Amiel-Heber)

Mis à jour le 3 avril 2026 à 20:19 Par
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Jules Janin2 écrivait en 1844 dans son ouvrage sur la Normandie : « Dans cette plaine fertile, incessamment protégée par une longue suite de collines, la ville s’abandonne heureuse à ses travaux de cha­que jour ; son port est le plus accessible de la côte ; l’avant-port, trois grands bassins, la petite et la grande rade, font du Havre une des relâches les plus faciles et les mieux abritées de la France. La Seine, ce beau chemin qui marche d’un pas si calme ; la marée qui s’en va hâter l’arrivée des bateaux qui viennent de Rouen, et bientôt le chemin de fer, ce chemin qui court au galop, réunissent Le Havre à Paris. Le Havre a les apparences d’une riche et intelligente cité. De belles maisons, des rues parisiennes ; l’activité, le mouvement, les passions d’une grande cité. Ville moderne, dans laquelle l’antiquaire se trouverait fort embarrassé de cette science minutieuse qui s’inquiète des dates, des détails, des noms propres : c’est la ville du zèle, du travail, de l’industrie active, des orages qui grondent et qui passent, du navire qui arrive et qui repart. »

Effectivement, tout au long de son existence, des orages Le Havre en a subi et s’en est relevé. Sa vitalité se manifestait particulièrement dans les années 1850, et ce chemin de fer arrivant au galop incitait la cité à sortir du carcan de ses fortifications, à bâtir des rues, des immeubles cossus. Certains ont échappé à la dernière guerre. Glissons-nous dans le rôle de l’antiquaire de Jules Janin pour étudier particulièrement le Tem­ple maçonnique de la rue Jules-Lecesne. Érigé en 1860 cet édifice est doublement intéressant : par sa situation dans une zone en pleine évolution dans les années 1850, par sa fonction première et tous les symboles dont il est porteur.

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