PATRIMOINE NORMAND

Le hangar à dirigeables d’Écausseville

À l’aube de l’aéronavale française

Le site d’Écausseville constitue l’un des derniers vestiges des prémices de l’aéronavale française. Ce monumental hangar en béton armé, aujourd’hui unique en France, a été construit pour accueillir des dirigeables, alors utilisés au début du XXe siècle pour l’escorte et la dissuasion anti-sous-marine. C’est un témoin de l’évolution des technologies aéronautiques et des solutions architecturales du premier quart du XXe siècle.

Le hangar à dirigeables d’Écausseville est un élément marquant du pays de Montebourg. Rare vestige du premier conflit mondial en Cotentin, il témoigne de l’évolution des pratiques aéronavales au début du XXe siècle. (© Thomas Leveziel)

Le hangar à dirigeables d’Écausseville est un élément marquant du pays de Montebourg. Rare vestige du premier conflit mondial en Cotentin, il témoigne de l’évolution des pratiques aéronavales au début du XXe siècle. (© Thomas Leveziel)

Mis à jour le 4 avril 2026 à 18:23 Par
Partager :

La création de l’aérostation d’Écausseville

À partir de 1915, l’Allemagne intensifie la guerre sous-marine, en particulier en Atlantique et dans la Manche. L’objectif est d’impacter les convois d’armes et de munitions entre les États-Unis et l’Europe. Les U-Boote opèrent principalement en surface la nuit. Ils profitent de la faible protection des convois pour causer des pertes considérables aux forces de la Triple-Entente. Les moyens de détection acoustique sont embryonnaires et l’aviation n’est alors qu’à ses balbutiements.

De fait, les dirigeables s’imposent alors comme la solution la plus adaptée pour traquer les sous-marins ennemis. Ils disposent d’une bonne autonomie, d’une vitesse raisonnable et constituent d’excellentes plates-formes d’observation. Les patrouilles d’aérostats ont avant tout un rôle dissuasif plutôt que réellement offensif. Elles permettent de repérer les sous-marins en surface, ou à faible immersion, et de les contraindre à plonger. Mais les dirigeables demeurent tributaires du vent et de l’hydrogène qui les porte, limitant leurs sorties à des conditions favorables. La Marine nationale française, déjà engagée avant-guerre dans leur développement décide en 1916 de structurer un réseau cohérent de centres d’aérostation maritime. Le choix d’Écausseville répond aux contraintes liées à l’utilisation spécifique de ce type d’aéronef.

Il vous reste 92 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°137 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS