Baron Gérard, mécène du Bessin
Les collections du musée Baron-Gérard, fermé le 31 décembre 2001, occupent l’Hôtel du Doyen depuis le 1er juin 2002. Un hébergement provisoire en attendant la mise aux normes de l’ancien palais épiscopal. Si le nom du baron Gérard évoque immanquablement le musée Municipal de Bayeux, on ne sait pas toujours ce que ce patronyme représente dans l’évolution culturelle du Bessin.
Portrait d’Henri-Alexandre Gérard. (Coll. Patrimoine Normand)
Henri-Alexandre Gérard
Né à Orléans le 22 mars 1818, Henri-Alexandre Gérard est le fils unique d’Alexandre Gérard (1780-1832) et de Sophie Catherine Sylvoz (1792-1867). Directeur des contributions directes du Loiret, son père meurt à Paris à 52 ans. L’adolescent pourrait se retrouver seul, livré à lui-même ; or, il a un oncle paternel, le baron François Gérard, peintre néo-classique qui va se charger de son éducation. Le frère aîné de son père est un artiste de renom, qui fréquente l’aristocratie et la haute bourgeoisie de cette première partie du XIXe siècle ; il meurt à son tour en 1837, non sans avoir légué à son neveu un héritage multiple : spirituel et culturel tout d’abord, car l’intérêt du jeune homme pour la peinture n’a pas tardé à éclore sous l’influence de son oncle, au point de l’orienter vers des études artistiques jusqu’à l’obtention d’un premier poste en 1840 ; legs financier aussi, car la fortune du défunt se révèle plus que confortable. Dès 1837, l’héritier exauce un vœu posthume de son bienfaiteur en fondant à Saint-Germain-en-Laye un hospice-hôpital.
Aussi, alliant son bagage intellectuel à son aisance matérielle, il se permet de choisir une carrière en accord avec ses goûts : il entre à la direction générale des musées, en charge d’organiser un salon de peinture au titre de vérificateur, autrement dit responsable technique. Le 25 juin 1846, il épouse à Auteuil une jeune femme de 23 ans originaire de Francfort-sur-Main, Pauline Schnapper.
Hylas et la nymphe, 1826. Un des trois tableaux du baron François Gérard offerts au Musée de Bayeux par son neveu Henri-Alexandre. Ce sont, comme la plupart des œuvres de sa donation, des peintures à l’huile sur toile sur châssis de bois. (© MAHB, Bayeux)
Sans doute aurait-il progressé dans son domaine professionnel si la politique n’avait brusquement influé sur le cours de sa vie. Devenu conservateur adjoint du Louvre dans les années 1840, il s’oppose aux insurgés de février 1848 qui prétendent déjà « faire du passé table rase ». L’année suivante, il perd son emploi, à l’instar de tous les organisateurs de l’exposition de 1849. À 31 ans, c’est la fin de la courte carrière artistique d’Henri-Alexandre, qui pour autant ne se retrouve pas sur la paille ! Il continue à résider à Paris, où deux enfants lui naissent : Marie en 1849 et Maurice en 1853. La page artistique tournée, fort de ses capitaux, il entre au très influent conseil d’administration de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
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