PATRIMOINE NORMAND

Dreknor, aux sources du passé viking

Drôle de chantier à Tourlaville. Dans la zone industrielle et portuaire, on aperçoit un étrange voilier qui ne ressemble guère à ceux qui voguent au large de Cherbourg. Tout en bois, d’une belle taille, sa coque est montée à clins comme un bateau viking, et pour cause : c’est un bateau viking, inspiré du célèbre langskip de Gokstad. On n’avait pas vu une telle construction en Cotentin depuis… 1066 !

Photo d'un dreknor, prise dans la zone portuaire de Tourlaville

Une silhouette insolite dans la zone portuaire : le Dreknor prend forme sur un chantier de Tourlaville, à côté de Cherbourg. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 17 avril 2026 à 17:53 Par
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Katia s’affaire autour de sa pièce de chêne. Les blonds copeaux roulent sous son ciseau expert, s’envolent et vont rejoindre à ses pieds ceux qui jonchent le sol. L’artiste est attentive à sa tâche, consciente du fait que le moin­dre faux mouvement pourrait défigurer la tête de dragon qui prend forme devant elle. Le jeune sculpteur met à profit sa formation aux Beaux-Arts pour mettre la main sur un projet dont elle n’aurait pas eu l’idée quel­ques semaines auparavant. Mais depuis, quelle énergie ! Il faut dire que l’art viking inspire fortement cette jeune femme aux origines bretonnes, fort sensible à l’histoire que les peuples scandinaves ont su exprimer dans leurs œuvres ciselées. Sa figure de proue, elle veut la réussir, pour qu’elle emmène le Dreknor aussi loin que possible.

Un projet fou… et normand !

Dreknor, c’est le nom du futur bateau. C’est aussi celui d’une association fondée en 2001, à l’initiative du Cherbourgeois Marc Hersent. Le déclic est venu par l’intermédiaire de sa femme Nathalie, d’origine ukrainienne. Quand le couple voit arriver à Cherbourg une galère de ce pays, mue par la force humaine de ses rameurs, il se sent saisi d’une inspiration quasi divine : voilà ce qu’il faut faire ! Pas une galère, bien sûr, mais un bateau typiquement normand, représentatif du passé de la région (la « plus belle d’Europe » selon Marc ; comment lui donner tort ?) et qui symbolise aussi sa tradition maritime, en ce département « presque com­me une île »… On l’a compris, Marc aime la Normandie par-dessus tout ; il aime aussi bricoler. La suite allait de soi, ou presque.

Photo du dessus du dreknor

Comme sur tous les bateaux vikings, la poupe est aussi effilée que la proue ; une caractéristique qui facilite les changements de direction lors de la navigation à la rame. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Ce sera donc un bateau viking. Il se renseigne, compulse des livres sur la Norvège. Dans les pages consacrées au musée d’Oslo, deux modèles retiennent son attention : le skip d’Oseberg et celui de Gokstad. L’un est plus fin et plus finement décoré ; l’autre s’impose par ses dimensions et ses proportions majestueuses.

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