PATRIMOINE NORMAND

Le Musée de Normandie à Caen

La récente rénovation de deux salles, l’une dédiée au monde gallo-romain, l’autre consacrée à la métallurgie, met un point final à la campagne de réfection du Musée de Normandie mise en œuvre depuis 2000. En attendant l’amé­nagement de la salle de l’Echiquier et la construction de l’espace du Cavalier. Regards historique et prospectif sur une institution sexagénaire qui con­cerne l’ensemble de la Normandie.

Photo du Musée de Normandie

Le Musée de Normandie, dans l’enceinte du château de Caen. Pour accueillir le Musée, le Logis des Gouverneurs a subi quelques modifications, notamment l’adjonction d’une aile et la suppression de son escalier monumental extérieur. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

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D’un siècle à l’autre

Des cheminées d’usine, un haut-fourneau, des masques de protection… Les grandes heures de la métallurgie normande coïncident presque exactement avec le XXe siècle industriel. Ouverte en 1910, fermée en 1993, la SMN, Société Métallurgique de Normandie, sise à Mondeville près de Caen, symbolise cette période faste de l’économie régionale. 

Six ans après l’an 2000, le XXe siècle fait déjà figure de temps révolu dont il convient de con­server la mémoire. Tout comme la révolution agricole de nos campagnes, le succès de l’artisanat textile et l’essor de la poterie avaient donné lieu à des salles ethnologiques spécifiques, l’ère de la métallurgie industrielle trouve désormais au Musée l’écho permanent de son passage dans l’histoire normande.

Photo de Jean-Yves Marin, Conservateur en Chef du Musée de Normandie, et Brigitte Le Brethon, député-maire de Caen, le jour de la visite inaugurale du parcours rénové des salles permanentes (17 mars 2006)

Jean-Yves Marin, Conservateur en Chef du Musée de Normandie, et Brigitte Le Brethon, député-maire de Caen, le jour de la visite inaugurale du parcours rénové des salles permanentes (17 mars 2006). (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Certes, notre région n’a pas attendu la SMN pour travailler le minerai de fer ! Bien au contraire, cette technique y est attestée depuis l’Antiquité, mais on s’y est longtemps cantonné au stade purement artisanal : le forgeron, le maréchal-ferrant et le charron sont des figures traditionnelles de nos villages d’antan ; les villes plus grandes accueillent ferblantiers, éta­meurs, chaudronniers ou potiers d’étain. Les mines de fer sont longtemps exploitées, donnant lieu à des fonderies et à des hauts fourneaux alimentés au charbon de bois et mus par l’énergie des rivières. Mais la grande industrie, celle du coke et de l’acier, aura du mal à vaincre les réticences d’une Normandie dominée par l’activité agricole, surtout par l’élevage, bovin et équin, qui a fait sa renommée ; nos ancêtres ont eu l’impression trompeuse que le temps s’était figé dans cette prospérité rurale, sans soupçonner qu’il leur faudrait un jour inventer de nouvelles sources de revenus.

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