Patrimoine Normand

Château de Montfort-sur-Risle :

un exemple à suivre

Pendant que certains s’ingénient à détruire les témoins du passé, d’autres fort heureusement se démènent pour en faire surgir les vestiges. Ainsi à Montfort-sur-Risle, où quelques passionnés s’attachent à donner la plus claire lecture archéologique possible du château fort de Toustain de Bastembourg.

Château de Montfort-sur-Risle. Restes de la tour-porte, dite de Saint-Nicolas ; au-delà : la tour nord-est, circulaire, avec une ouverture au premier niveau. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Château de Montfort-sur-Risle. Restes de la tour-porte, dite de Saint-Nicolas ; au-delà : la tour nord-est, circulaire, avec une ouverture au premier niveau. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 26 avril 2026 à 18:10 Par
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Dans la clairière du fossé sud, le vrombissement des tronçonneuses dé­chire le silence sylvestre, faisant s’enfuir à tire d’aile pies et corneilles. Un arbre s’abat, puis un autre. Leurs troncs débités sur-le-champ iront rehausser le rempart de bûches qui garnit la première basse-cour du château. Feuillages et menus branchages alimentent sur place un feu dont la fumée grimpe à l’assaut des douves et va caresser les restes de murailles médiévales. Tels les moines cisterciens du XIIe siècle, les adhérents de Montfort Culture et Patrimoine défrichent. À tour de bras.

Une farouche détermination

C’est en octobre 1998 que treize mordus d’histoire créent l’association, qui se fixe pour buts de préserver et de mettre en valeur le patrimoine local et cantonal existant. Elle compte aujourd’hui une quarantaine de membres bien déterminés à remplir leur contrat moral. Outre l’organisation de concerts et d’expositions de peintures, le nettoyage de l’église paroissiale et l’entretien du lavoir communal, elle s’est attaquée voici deux ans au site du château de Montfort. De leur château.

Jean-Christophe Bisson (à droite), et Dominique Pitte, responsable historique du site, apprécient l’état d’avancement des travaux. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Jean-Christophe Bisson (à droite), et Dominique Pitte, responsable historique du site, apprécient l’état d’avancement des travaux. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Et quel travail ! Voilà des lustres qu’il disparaissait derrière la végétation folle, ses pierres de taille pillées, ses murs croulant dans les douves, envahis d’ar­bres et de plantes diverses. Quiconque non averti circulant en contrebas sur la route qui relie Pont-Audemer à Brionne1 ne peut soupçonner qu’à quelques dizaines de mètres derrière la petite église2 paroissiale subsistent les vestiges d’une des plus importantes forteresses médiévales de l’époque ducale.

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Notes

  1. Il s’agit de l’ancienne voie romaine Lillebonne-Évreux. Il subsiste à Montfort les restes d’un oppidum romain. Le village est à 12 km de Brionne, et à 20 de Pont-Audemer.
  2. L’église Saint-Pierre et Saint-Paul, reconstruite au XVIIIe, possède encore sa tour du XIIIe siècle.
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