Quand Évreux s’appelait Médiolanum
En Haute-Normandie la civilisation antique est, de manière incontournable, illustrée par le théâtre de Lillebonne. Pourtant Évreux, également capitale d’un des peuples de la Gaule romaine, possède un monument tout aussi remarquable qui témoigne d’un autre pan de notre Histoire. Son enceinte gallo-romaine, si l’on fait l’effort de la découvrir au travers d’une promenade dans la cité ébroïcienne, mériterait la même notoriété.
Angle sud-ouest du castrum, ce tronçon est probablement le plus spectaculaire mais il faut signaler que les blocs de fondation, à la base, ne devaient pas être visibles et que l’eau emplissant le fossé ne touchait pas la muraille. (© Érik Follain)
Évreux occupe un élargissement de la vallée de la rivière Iton, affluent de l’Eure, entre les plateaux du Neubourg et de Saint-André. Mentionnée par Pline l’Ancien au Ier siècle ap J.-C., par Ptolémée au siècle suivant et dans les itinéraires antiques (Itinéraire d’Antonin et Table de Peutinger) la ville gallo-romaine est, sous le nom de Mediolanum Aulercorum, la capitale des Aulerques Éburovices.
Le réseau de voies organisé par le conquérant romain mettait la ville en relation avec Rouen, Paris, Chartres, Condé-sur-Iton et Brionne. La navigation par barges (attestée au Moyen Âge jusqu’au XIIe siècle) sur l’Iton permettait de bénéficier de relations avec l’axe majeur de la Seine. Cependant ceci n’a entraîné qu’un développement limité puisque la ville à son apogée ne semble pas avoir dépassé une vingtaine d’hectares.
Plan schématique de la ville antique au Haut Empire, Ier aux IIIe siècles. (© PAO Érik Follain)
Débutant dans le dernier quart du Ier siècle avant notre ère, l’urbanisation a connu deux phases successives. Le quadrillage de voies, le plus ancien est installé sur le pied du versant sud de la vallée ; celle-ci, marécageuse, restant inoccupée. Très rapidement d’importantes opérations de remblaiement permettent l’expansion de la ville selon une trame de rues orientée différemment. La grande majorité de ces rues est bordée de trottoirs protégés par des portiques à partir de la fin du IIe siècle et associée à un réseau d’égouts à ciel ouvert. Deux types d’habitations ont été, à ce jour, identifiés. Observées rue Saint-Louis de petites maisons de deux à trois pièces à courettes, construites en torchis et colombages, révèlent un habitat modeste. Rue de la Harpe cinq maisons, bâties à la fois en maçonnerie et en torchis et colombages, possédaient salles chauffées, jardins, portiques et, pour au moins l’une d’entre elles, fontaine. À l’évidence les occupants de ces maisons bénéficiaient d’un niveau de vie bien supérieur.
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