Patrimoine Normand

A men leisi : l’hommage à Marcel Dalarun

Mais que je pouorrais à men leisi
Marchi tréjous tchu pa-dessus tête
Byin d’s euns prêcheraient il est paé byin
Mais i ya ryin qu’oppose à yète
Le cyil et la mé seraient pêquevêchis
Le solé reliserait sauns décessi
Pouor égaluaer la terre entyire.

Photo de Daniel Bourdelès et Marcel Dalarun, en plein travail d’adaptation musicale.

Daniel Bourdelès et Marcel Dalarun, en plein travail d’adaptation musicale. (© Rémi Pézeri)

Mis à jour le 27 avril 2026 à 17:19 Par
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A men leisi : à ma guise, à mon rythme, en toute liberté, en prenant le temps qu’il me faut… Le temps, Marcel Dalarun a su le prendre. À 82 ans, il signe là son premier recueil de poèmes : 75 œuvres, dont 32 avaient déjà été mises en chansons par Daniel Bourdelès.

Il faut dire que Marcel Dalarun est président de Magène. Une vieille histoire que raconte le compositeur du groupe, l’un des piliers de l’association : « En 1987, une exposition sur la langue normande est organisée à Coutances. Je viens y rencontrer un « spécialiste » pour évoquer avec lui la possibilité de promouvoir le normand par la chanson et le disque. Très vite, l’œil de l’expert se met à briller. Nous sommes sur la même longueur d’onde. Je suis épaté par cet enthousiaste résolument optimiste qui ne tarit pas d’émerveillement pour sa langue première, le normand »1.

Photo de Marcel Dalarun.

Marcel Dalarun est aussi violoniste ; cela explique sans doute la musicalité spontanée de ses vers. (© Archives Magène)

Sus le mireus de la pllage
Dreit quand le solé grile sus la mé
Héreuss je chaunte men village
Touos d’aveu mei chauntaez Carteret !

Ce Cotentinais est en effet un homme du cru. Né à Coutances, il apprend le normand dans la ferme de sa grand-mère. Il devient instituteur dans le Cotentin, puis directeur d’école à Néhou. Pendant toute sa carrière, il ne cesse d’enseigner le français à des élèves dont le normand est généralement la langue maternelle. Une situation qu’il gère avec bon sens : Je leur disais : « Voilà, vous êtes ici pour apprendre le français, une autre langue que la vôtre ; mais gardez la vôtre ! » Parce que, forcer ces jeunes-là à parler français entre eux, alors que le normand et le français sont des langues cousines germaines… « Ils étaient perdus ! Cela se passait ainsi ailleurs : on traitait d’imbéciles ceux qui parlaient normand ».

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Notes

  1. Extrait de la préface d’A men leisi, par Daniel Bourdelès.
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