Patrimoine Normand

1077 : joies et épreuves pour la famille ducale

1077 est une année mitigée, pour Guillaume le Conquérant comme pour le souverain pontife. C’est là qu’éclate au grand jour la querelle des investitures, une crise qui mine les rapports entre Grégoire VII et Henri IV. En 1076, le maître du Saint-Empire romain germanique avait fait désavouer le pape par un synode allemand. Rome avait répondu par l’excommunication de l’insolent. Le 28 janvier 1077, toutefois, l’empereur implore et obtient son pardon au château de Canossa, en Émilie, pour une trêve qui allait durer trois ans.

La crypte de la cathédrale de Bayeux est la partie la plus ancienne de l’édifice. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

La crypte de la cathédrale de Bayeux est la partie la plus ancienne de l’édifice. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand.)

Mis à jour le 30 avril 2026 à 15:39 Par
Partager :

Rien de tel en Nor­mandie ! Voici bien longtemps que son duc procède lui-même à la nomination des évêques sans rendre aucun compte au Vatican. Bien sûr, il a bénéficié du soutien d’Ale­xandre II à la « guerre sainte » de 1066 contre le parjure Harold, mais ce temps-là est révolu. Grégoire VII ne peut plus rien apporter à Guillaume, qui désormais ne se prive pas de lui tenir tête ouvertement. Lanfranc prétend-il se rendre aux conciles papaux ? Le duc-roi le lui interdit, et le primat d’Angleterre s’incline sans protester. Aussi l’Église anglo-normande vit-elle sa vie, libre et fastueuse, sans se soucier le moins du monde des exigences romaines, ce qui ne l’empêche pas de prospérer, bien au contraire. Car 1077 sera une année de grandes consécrations d’édifices religieux.

Des dédicaces qui s’enchaînent

Le 14 juillet, Odon préside celle de sa cathédrale de Bayeux, totalement reconstruite après son incendie, sauf la crypte que le feu avait épargnée. L’or­gueil­leux earl de Kent a mis dans la cérémonie toute l’ostentation dont il est coutumier. Bien en évidence devant la population en liesse, les saintes reliques du diocèse, sur lesquelles Harold s’est parjuré onze ans et demi plus tôt, rappellent à tous le rôle qu’elles ont joué après la mort d’Edouard le Confesseur.

Odon de Conteville, évêque de Bayeux (écoinçon de la nef). (© Rodolphe Corbin)

Odon de Conteville, évêque de Bayeux (écoinçon de la nef). (© Rodolphe Corbin)

L’évê­que chevalier resplendit sous ses plus beaux atours sacerdotaux, foncièrement guerrier sous la mitre qui lui sied moins que le casque à nasal de la colline de Senlac. Et surtout, il y a, tendue à hauteur d’œil pour la toute première fois depuis sa confection, cette longue et admirable bande de toile de lin écru, qui raconte l’histoire de la conquête d’An­gleterre !

Il vous reste 92 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°48 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS