Patrimoine Normand

L’héritage de Guillaume le Conquérant

Peu de figures de l’Histoire ont laissé à la postérité autant de traces positives que Guillaume de Normandie. On pourrait citer Charlemagne, Louis XIV, Napoléon, De Gaulle… L’héritage du Bâtard est assurément l’un des plus importants du Moyen Âge, puisque l’extrême richesse de son règne exerce encore des effets notables sur l’Europe du XXIe siècle.

Église abbatiale Saint-Etienne (Abbaye-aux-Hommes) à Caen.

Église abbatiale Saint-Etienne (Abbaye-aux-Hommes) à Caen. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 22 avril 2026 à 22:06 Par
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Il est toujours difficile pour un auteur d’abandonner son personnage central. C’est aussi vrai du romancier qui a mis dans ses lignes une part de lui-même, que du biographe qui a consacré une longue période de sa propre vie à telle ou telle silhouette du passé. Comment Guillaume le Conquérant pourrait-il échapper à cette loi universelle ? Parvenu au terme de sa narration, l’auteur de ces lignes ne saurait clore cette Saga du 7e duc sans adresser un ultime hommage au héros de sa série. Un message sous la forme d’un triple testament : architectural, historique et culturel.

Un grand bâtisseur

La plus visible des traces du passage sur terre du fils de Robert et d’Herlève réside bien évidemment dans son patrimoine architectural. Quiconque circule aujourd’hui dans les rues de Caen y saisit sur-le-champ les balises monumentales millénaires que constituent son château et ses deux abbayes (con­temporaines de son règne, la chapelle Sainte-Paix-de-Tous-Saints et l’église Saint-Nicolas s’y font plus discrètes). Ainsi Caen devient-elle par la volonté du prince la deuxième ville du duché. Sans Guillaume, serait-elle de nos jours autre chose qu’une sous-préfecture, voire un chef-lieu de canton ? Sans avoir la prétention de réécrire l’Histoire, on peut en douter. Mais si Caen est l’exemple le plus emblématique de ce foisonnement monumental, il en est d’autres.

Abbatiale Saint-Vigor à Cerisy-la-Forêt

Abbatiale Saint-Vigor à Cerisy-la-Forêt, fondée par Robert le Magnifique, achevée par son fils Guillaume. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

On s’accorde à dire qu’au cours de ses 40 années de règne effectif, le 7e duc a établi sur ses fonds propres 17 monastères d’hom­mes et 6 de femmes. Ces chiffres méritent toutefois d’être révisés à la hausse, en tenant compte des fondations de son épouse Ma­haut (comme l’Abbaye-aux-Dames de Caen) et de sa mère Herlève (l’abbaye de Grestain, aujourd’hui ruinée), voire de son père Robert : Saint-Vigor de Cerisy, commencée dans les années 1030, sera achevée par Guillaume dans le dernier quart du XIe siècle.

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