Patrimoine Normand

Le masque de Bailleul

Au XIXe siècle, des érudits avaient signalé des vestiges gallo-romains un peu partout en Normandie. Ce seront surtout l’Abbé Cochet pour la Seine-Maritime (alors « Inférieure ») ou Léon Coutil pour l’Eure. On oublia quelque peu cette période avant de la redécouvrir, ces dernières années, surtout dans des sites urbains, à Rouen, Bayeux, Lillebonne ou au Vieil Évreux et à Vieux-la-Romaine dont nous parlons dans ce même numéro.

Photo du masque de Bailleul.

Le masque de Bailleul, tôle de bronze, destiné probablement a être appliqué sur un support de bois pour constituer une image divine ; il est percé de petits trous sur les côtés. (© Musée de Normandie)

Par
Partager :

La découverte fortuite du Masque de Bailleul vient enrichir considérablement notre connaissance de cette période. L’hiver dernier, Marc Thouin, faisait creuser une mare sur son terrain, au lieu-dit Vorcher, sur la commune de Bailleul, dans l’Orne. L’entreprise de terrassement avait dégagé une cavité dans une masse argileuse humide, cette mare a été ainsi creusée à proximité d’une ancienne mare comblée. La terre végétale superficielle avait été mise en tas par cette entreprise. Marc Thouin entreprend de répartir cet humus à l’entour avec un croc à quatre dents. Il heurte alors une petite masse verdâtre, tout en l’ayant laissée intacte. Il la dégage ; un petit masque en tôle de bronze très fine apparaît alors, objet étrange. Il le place dans son salon et, en se documentant, il acquiert la conviction qu’il s’agit d’un objet gallo-romain, de facture encore bien celte. Il se rend alors au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye qui l’oriente sur le Musée de Normandie de Caen, qui possède une importante section archéologique con­sacrée à toute la Normandie.

A l’issue de ces contacts, il met le masque en vente à Drouot et la ville de Caen, usant de son droit de préemption, acquiert cet objet qui rejoint le Musée de Normandie. Il s’agit là d’une découverte exceptionnelle. Ce masque a pu être daté grâce aux quelques objets qui l’accompagnaient : une fibule, une pince à épiler, une bague en or et surtout deux pièces de la seconde moitié du IIe siècle de notre ère. La période est tardive et cet objet est à rapprocher de la grande statue de la déesse mère de Douvres-la-Délivrande, découverte au XIXe siècle à Saint-Aubin-sur-Mer et déjà exposée au Musée de Normandie.

Il vous reste 81 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°41 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS