Pays de Caux – L’esprit cauchois
Entre clos-masures, chaumières, manoirs à pans de bois, le pays de Caux révèle une identité profondément enracinée dans sa terre et ses traditions. À travers l’habitat, le mobilier et les paysages se dessine un véritable art de vivre où perdure, aujourd’hui encore, cet esprit cauchois à la fois discret, indépendant et farouchement attaché à son héritage.
Au fond de la cour plantée de pommiers, la masure cauchoise. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)
Depuis les temps les plus anciens, avec les Calètes puis avec les Vikings, et jusqu’aux bons Normands d’aujourd’hui, les habitants du pays de Caux sont tous profondément enracinés dans leur terre. Que ce soit les ruraux du plateau d’Yvetot, les marins de la côte d’Albâtre et aussi les citadins des campagnes environnantes. La demeure authentique normande, dans son architecture comme dans son aménagement intérieur, se ressent de cette influence. Elle s’intègre au paysage dans une parfaite harmonie, utilisant les matériaux de son sol, c’est-à-dire le bois, la paille ou le roseau, le grès et le silex.
Le climat, davantage que la topographie de son environnement, a déterminé les structures de l’habitat en Haute-Normandie. Celui-ci, relativement doux et humide a favorisé dans les premiers temps l’implantation de maisons basses et allongées, en pisé et en colombages dont les champs forment comme un immense patchwork de verdure. Plus tard se sont édifiées les maisons en pierre ou en briques, tout en gardant leur élégance simple d’origine, comme poussées directement de la terre.
Une Cauchoise du siècle dernier raccommodant son châle en cachemire. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)
On remarquera le caractère particulier du pays de Caux par la présence des clos-masures, ces grands quadrilatères fermés des quatre côtés par des rideaux d’arbres à haute tige. Car sur ce plateau ouvert, avec ses falaises sauvages coupées de valleuses étroites et profondes, souffle le plus souvent un vent d’ouest particulièrement violent. Pour s’en protéger, les maisons se sont entourées de talus (on dit des « fossés » par ici) sur lesquels de grands hêtres sur un ou deux rangs offrent une protection efficace. L’exploitation fermière s’en trouvera agrandie et la sévérité de son aspect sera en rapport avec la rudesse de son atmosphère. Et dans cette vaste cour plantée de pommiers trapus, lorsque les lignes verticales de ses colombes, en rappel des colonnes monumentales des arbres qui l’entourent, coupent l’horizontalité de la propriété ainsi que des faîtages fleuris des divers bâtiments, un sentiment d’une mystérieuse continuité se dégage au-delà des limites de la vue.
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