PATRIMOINE NORMAND

Clos-masure du pays de Caux :

La nécessité de planter des arbres et des brise-vent

Le pays de Caux est un immense patchwork fait de puzzles divers verdoyants dont, vu du ciel, se distinguent des quadrilatères de rideaux d’arbres entourant des corps de ferme au milieu du plateau. Par ci, par là, disséminés, des taches plus sombres de bosquets et de forêts ponctuent la campagne et en font toute la respiration en même temps que sa protection. Mais il est vrai que ces plantations ont tendance à s’amenuiser dangereusement, par abattages d’arbres, par extension des cultures et des habitats, par ignorance bien souvent.

Représentation d'un clos-masure en pays de Caux. (© CAUE 76)

Représentation d’un clos-masure en pays de Caux. (© CAUE 76)

Mis à jour le 4 avril 2026 à 18:53 Par
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Tous les ans, aux environs de la Sainte Catherine, le CAUE, Con­seil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement, en partenariat avec le Conseil Général de la Seine-Maritime, par des conférences, des dé­monstrations de plantations et de tailles de haies vives, s’em­ploie à mobiliser le monde rural pour inciter à planter des arbres, à planter utile, à planter toujours… Cette année, il n’a pas failli à sa mission en recommandant l’urgence qu’il y avait de planter des brise-vent et de protéger les clos-masures.

Protégeons nos arbres

Les clos-masures de la campagne cauchoise, cachés derrière leurs arbres, ne sont pas ainsi installés pour le charme du paysage. On pourrait croire que ce mode d’habitation correspond au caractère de méfiance propre au paysan cauchois. Peut-être… mais à l’évidence il s’agissait, il s’agit surtout de se protéger du vent d’ouest, ce vent marin qui souffle quelquefois en rafales. Les anciens le savaient, eux, qui ont planté partout dans la campagne normande quand il le fallait, où il le fallait, pour se protéger du vent, mais aussi pour garantir le bon drainage des eaux de ruissellement, pour abriter les bâtiments du corps de ferme. Et ce n’était par souci d’esthétisme. Les paysans cauchois sont gens pragmatiques. Ils ont planté pour nous, pour leur descendance. Car pour voir un chêne ou un hêtre adulte il faut attendre une bonne cinquantaine d’an­nées, si ce n’est plus. Et nous, que faisons nous ? Nous arrachons, nous coupons parce que la route s’élargit, parce que cela gêne les lignes EDF, parce que l’on a besoin d’argent, et parce que l’on ignore toute la richesse de ces plantations.. Alors on vend ces arbres fiers, comme on se débarrasse d’une vieille vache laitière.

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