Le chêne d’Allouville-Bellefosse : toujours vaillant
Il aura tout vu, tout senti de l’histoire de la belle Normandie, depuis la naissance du duché jusqu’à notre région moderne. Il aura connu l’ère de Guillaume, celui qu’on appelle encore de nos jours le Conquérant, puis plus tard le hardi navigateur Pierre Belain d’Esnambuc, enfant du pays, le père des Antilles françaises et donateur de Saint-Pierre de la Bellefosse, près d’Yvetot, qui affiche fièrement ses mille deux cents ans !
Le chêne d’Allouville à côté de l’église, dans toute sa splendeur. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Une belle histoire
Il est l’attraction de ce village et reçoit chaque année 30 000 à 40 000 visiteurs français et étrangers, dont certains venus de très loin pour admirer ce chêne millénaire. Car c’est une force de la nature que ce vieil arbre, un des plus vieux de France, sinon d’Europe. D’une circonférence de 15 mètres à la base, d’une hauteur de 13 mètres, la foudre lui ayant coupé la tête, son imposante frondaison pouvait jadis abriter plus de 2 000 personnes. Et de voir de nos jours ses feuilles frissonner sous le vent, feuilles renouvelées à chaque printemps, on ne peut que crier au miracle. Bien sûr, il s’appuie maintenant sur des béquilles et on lui a confectionné une armure imputrescible qui le soutient de toute sa hauteur.
Son histoire d’ailleurs est une suite de miracles. Son étonnante particularité tient à ce qu’il cache en son tronc deux chapelles superposées. En 1696, le père Théobald du Cerceau, souhaitant devenir ermite décida d’y prendre ses quartiers. À l’intérieur du tronc, creusé déjà à l’intérieur par l’âge avancé de l’arbre, il installa et aménagea un étage avec un petit mètre carré nécessaire pour sa vie d’ascète, tandis qu’au rez-de-chaussée était créée une chapelle minuscule à l’intention des fidèles. Cette chapelle fut dédiée à Notre-Dame de la Paix. Le vedettariat de l’arbre d’Allouville débuta dès le début de l’installation des chapelles. Par la suite, il dut affronter plusieurs dangers. En 1793, il fut sauvé de la furie des révolutionnaires par l’instituteur du village.
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