La digitale
pourpre de la Suisse normande
Emblématique des paysages de la Suisse normande, la digitale pourpre illumine talus, chemins creux et murets de pierre de ses hautes hampes fleuries aux teintes violacées. Aussi fascinante par sa beauté que redoutable par sa toxicité, cette plante sauvage, connue depuis des siècles pour ses vertus médicinales, demeure l’une des fleurs les plus caractéristiques des terrains granitiques du bocage normand.
La digitale. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La digitale commune (digitalis purpurea) affectionne particulièrement les terrains accidentés siliceux et graniteux de la Suisse normande dans sa partie ornaise. Fièrement, elle dresse comme des hallebardes, en rangs serrés, ses hampes garnies de fleurs nombreuses de couleur pourpre sur les talus et en bordure des sentiers forestiers. Prenant le relais des jonquilles et des jacinthes sauvages, elle annonce l’été et fleurit jusqu’en août. Peu exigeante, elle se loge parfois entre les blocs de granit qui forment les murets de pierres sèches du bocage dont elle est l’ornement.
La digitale pourpre est fréquemment désignée dans nos campagnes sous les noms de « gantelée », « gant de la Vierge », « dé de bergère » ou même « queue de loup ». C’est une plante herbacée, vivace, vénéneuse, appartenant à la famille des scrofiliaracées – un bien vilain nom pour une famille de plantes dans l’ensemble peu recommandables. Elle mesure de 70 à 150 centimètres de haut et a un port dressé.
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