Patrimoine Normand

Le lin – Plante miracle

Alors que l’image (d’Epinal) de la Normandie fait d’elle la région des pommes et de la vache, son importance dans la culture du lin à fibre est quasi inconnue. Et pourtant, qui n’a jamais vu ses petites fleurs bleues se balancer dans le vent ? Notre région se situe en effet dans les premiers producteurs européens de lin et la qualité des fibres de celui-ci fait qu’il est extrêmement recherché. La valeur de cette plante, utilisée depuis la fin de la Préhistoire, n’a pas été démentie depuis, puisqu’elle est actuellement transformée à cent pour cent.

Lin arrivé à maturité, prêt à être arraché.

Lin arrivé à maturité, prêt à être arraché. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)

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Description

Le lin que nous utilisons de nos jours, qu’il soit destiné à l’industrie textile (lin fibre) ou à des industries plus variées (lin oléagineux), est une plante domestique issue de variétés sauvages (dont Linum augustifolium ou Linum Bienne), repérées et sélectionnées petit à petit pour leurs qualités propres. La plante actuelle porte le nom de Linum Usitatissimum, une des 300 espèces existant dans le monde ! Le lin n’est pas une céréale, même si ses graines ont pu servir par le passé de nourriture aux hom­mes ou aux animaux.

C’est une linacée, annuelle, qui se présente, pour le lin fibre, sous l’aspect d’une tige d’environ un mètre et d’un à deux millimètres de diamètre, sur laquelle se répartissent de quatre-vingts à cent feuilles. La fleur, bleue ou plus rarement blan­che ou violette, possède cinq pétales. Le lin, plante hermaphrodite, produit des graines contenues deux par deux dans les cinq loges d’une capsule, qui s’ouvre d’elle-même arrivée à maturité.

Arrachage du lin, de face. Le lin est pincé, en plusieurs points, entre des courroies et des poulies et arraché au niveau des racines. Les tiges, de verticales, sont positionnées à l’horizontale.

Arrachage du lin, de face. Le lin est pincé, en plusieurs points, entre des courroies et des poulies et arraché au niveau des racines. Les tiges, de verticales, sont positionnées à l’horizontale. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)

L’intérêt du lin fibre réside justement dans ces fibres, extrêmement résistantes, que l’on extrait de la tige. Ces fibres sont organisées en faisceaux entourant le bois de la tige (aussi dénommé anas) et situé sous l’épiderme. Ces fibres sont liées entre elles par une colle que l’on appelle « ciment pectique ». Nous allons voir dans la suite de cet article que les différentes opérations du traitement du lin remontent à des périodes très lointaines, mettant en œuvre des techniques complexes qui n’ont guère évolué jusqu’à nos jours.

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