Le circuit du grès
Sur les chemins du pays de Caux
Entre vallées, clos-masures et villages du littoral cauchois, le « Circuit du grès » invite à redécouvrir un patrimoine rural longtemps négligé. Églises, colombiers, chaumières et manoirs témoignent ici de l’importance de cette pierre dans l’architecture traditionnelle du pays de Caux, tout en révélant l’histoire et les paysages d’un territoire profondément marqué par les activités agricoles et artisanales.
Le château d’Arnouville. Construit au XVIe siècle en grès pour le corps de bâtiment central, et en brique et grès au XVIIIe siècle pour les ailes. Les grandes allées rectilignes du château se sont intégrées au site, changeant cependant quelque peu son aspect originel. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)
Il y a plusieurs manières de découvrir une région : aller au gré des chemins et de ses envies ou bien suivre un guide, quelle que soit sa forme. Une heureuse initiative a permis de faire revivre et d’entretenir, dans le pays de Caux, un patrimoine architectural et culturel qui avait tendance à être négligé. Bien que constitué d’édifices magnifiques, ceux-ci ne sont en effet que « secondaires », éléments d’une architecture vernaculaire et non monumentale. La modernisation a failli détruire ces paysages, au risque de détruire aussi un écosystème équilibré. Heureusement donc que fut mise en place cette initiative à la fois de réhabilitation et de découverte, le « Circuit des Grès ». Nous découvrons à travers cette route nombre de petits villages du pays de Caux, regroupés autour d’un thème, ou plutôt d’une matière, le grès. Dans chacune des communes du circuit et près de chacun des édifices choisis comme exemple, un panneau explicatif est posé. Par petites touches, nous découvrons donc l’histoire des villages et des sites, les diverses utilisations du grès (dans les édifices religieux, les châteaux, les soubassements des maisons…) et ses périodes d’utilisation (à partir du XVe siècle), ainsi que l’architecture des lieux. On ne peut donc que louer ce type d’initiative qui a non seulement permis de raviver le lien social entre les habitants et les différentes communes qui se mobilisent, mais aussi donné la possibilité à des activités, autres qu’agricoles ou artisanales, de survivre dans de petites communautés. Ici un restaurant, là un hôtel… qui se sont installés au centre, près de l’église et de la mare, autrefois si courante, et de nos jours souvent asséchée.
Nous allons donc, à travers quelques sites, quelques édifices, partir à la découverte du grès.
Exemple de panneau que l’on rencontre dans chacun des sites du circuit. Tous les points marquants du village sont présentés, que ce soit l’historique du site, les édifices intéressants, les utilisations de matériaux. Un plan est systématiquement proposé pour situer les lieux. (Photo Isabelle Audinet © Patrimoine Normand)
Pleine-Sève
Le territoire de Pleine Sève appartenait, au Moyen Âge, à l’abbaye de Fécamp et à la Baronnie de Vittefleur. Le site est mentionné en 1025, sous le nom de Plana Sylva ou « pleine forêt » car la forêt couvrait alors toute la région autour de Saint-Valéry-en-Caux. La zone ne fut défrichée qu’aux XIIe et XIIIe siècles par les moines de Fécamp. Deux seigneurs aussi se partageaient Pleine Sève et l’on raconte qu’ils se querellèrent si bien au sujet de la construction de l’église, qu’ils en moururent l’un et l’autre, au lieu-dit Male-Journée. Ainsi, ni le sire de Bréauté, ni le sire de Béthencourt ne purent poser la première pierre qu’ils se disputaient.
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