Patrimoine Normand

La conjuration de Geoffroy d’Harcourt

débuts de la guerre de Cent Ans

Ce texte, demeuré inédit, a été écrit au début du siècle par le colonel Charles de Percy qui consacra une grande partie de sa retraite à classer et augmenter les archives laissés par ses ancêtres. En relation avec différents érudits normands dont l’archiviste de la Manche Dolbert. Charles de Percy a tenté de clarifier les origines de sa famille. C’est probablement au cours de ses recherches que l’idée lui est venue de rédiger cette courte histoire de la conjuration de Geoffroy d’Harcourt à laquelle un de ses aïeux participa.

Château de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Château de Saint-Sauveur-le-Vicomte. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

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Les affaires de Bretagne

La première campagne des Anglais contre la France, qui devait se conclure à la bataille de Crécy et au siège de Calais, avait commencé en 1337 par la déclaration de guerre d’Edouard III. Elle s’accomplit en deux phases, une au nord, avec l’appui de Jacques Artevelde et la complicité de Robert d’Artois, l’autre au nord-ouest avec l’aide de Jean de Montfort et la conjuration de Geoffroy d’Harcourt.

Dès les débuts, Phillipe VI de Valois, redoutant l’attaque par la Normandie, avait voulu soustraire cette province à l’influence anglaise ; l’érigeant en duché, il la confia à son fils aîné Jean et lui octroya le droit de reunir ses états l’année même de la déclaration de guerre. Toutefois le roi d’Angleterre arriva par le nord où il s’était ménagé des alliés ; mais sa prudence le servit médiocrement et l’entreprise n’aboutit guère sauf le succès naval de l’écluse qui en 1340 le rendit maître de la mer. L’année suivante, il porta attention vers le nord-ouest. Le Duc de Bretagne, Jean III étant mort sans enfant en avril 1341, son héritage fut disputé entre son frère, le comte Jean de Monfort et sa nièce, Jeanne la Boiteuse, fille de son frère aîné, laquelle avait épousé Charles le Blois, neveu du roi de France.

Chevalier vers 1350. Sa cotte en "queue d'écrevisse", a été mis aux armes des Harcourt. Tel pourrons-nous nous imaginer Geoffroy d'Harcourt.

Chevalier vers 1350. Sa cotte en « queue d’écrevisse », a été mis aux armes des Harcourt. Tel pourrons-nous nous imaginer Geoffroy d’Harcourt. (Dessin de Viollet-Le-Duc mis en couleurs par Francine Gautier)

Jean de Monfort gagna Nantes où il convoque la noblesse bretonne. De nombreux seigneur furent contre lui ; alors il s’empara de Rennes, Hennebont, Vannes, Auray, Dinan non sans vives résistances, qui le décidèrent à se rendre près d’Edouard III et lui faire l’hommage du duché de Bretagne. Le roi d’Angleterre, démêlant les avantages de cet affaire, lui promit aide et défense. À son retour, Montfort fut demandé par Philippe VI. Imprudent car « à peine rien est fait, qui ne soit su » remarque Froissart, il déclina le conseil de sa femme Jeanne de Flandre et s’en revint à Paris où le Roi l’accusa devant les pairs d’avoir usurpé le duché de Bretagne et fait hommage au dit roi d’Angleterre. C’était net. Aussi Montfort, la nuit suivante s’échappa de Paris sous un déguisement et regagna Nantes. Sur quoi les pairs attribuèrent l’héritage à Charles de Blois (7 septembre 1341).

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