Armand Salacrou
Armand Salacrou (1899-1989). (© Guillaume Néel)
Jamais nous n’oserions caricaturer Jules Durand, ouvrier docker havrais accusé à tort de meurtre et condamné à la peine capitale en 1910, qui perdit la raison malgré sa réhabilitation. À l’image d’Alfred Dreyfus, auquel on le compare souvent, l’homme fut trop accablé de malheurs pour que l’on s’en amuse, même avec bienveillance. Intéressons-nous alors au dramaturge normand Armand Salacrou, né à Rouen et mort au Havre, qui écrivit en 1960 une pièce de théâtre intitulée Boulevard Durand, lui rendant un vibrant hommage. Ah ! Salacrou… Sa pipe, son crâne chauve et ses petits yeux qui semblent pénétrer au plus profond de votre âme. L’homme eut mille et une carrières, journaliste à L’Humanité, publiciste, auteur à succès, ce qui le mena de la présidence du festival de Cannes aux bancs de l’Académie Goncourt. Durant la Seconde Guerre mondiale, il passa à la Résistance et en tira Les Nuits de la colère. À propos de cette œuvre, Sartre écrivit : « Les personnages crapuleux sont parfaits. Salacrou les connaît bien, mais les rôles de résistants sont très faibles. Il aurait fallu que Salacrou les fréquentât un peu plus. » Il ne risquait pourtant pas d’y rencontrer ledit Sartre, entré en Résistance, au mieux, le 28 août 1944. Trois jours après la libération de Paris…
Retrouvez cet article dans son intégralité
Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°129. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.