PATRIMOINE NORMAND

L’abbaye de Hambye

Vigie du bocage normand

Depuis des siècles, le monastère de Hambye veille au fond d’une vallée encaissée irriguée par la Sienne. À l’origine manifestation grandiose de la foi des hommes du Moyen Âge, elle témoigne aujourd’hui de l’amour de leurs descendants pour leur héritage patrimonial. Un trésor sauvé, qui a pourtant bien failli disparaître.

Vue aérienne de l’abbaye de Hambye. (© D. Hulins)

Vue aérienne de l’abbaye de Hambye. (© D. Hulins)

Mis à jour le 23 novembre 2025 à 23:19 Par
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Vers 1145, Guillaume Paisnel, puissant seigneur de Hambye parvenu au crépuscule de son existence, décide d’implanter un établissement monastique sur les terres ancestrales de sa famille. Dans la charte de fondation, il déclare agir pour le salut de son âme et de celles de ses aïeux, avec l’accord de ses quatre fils, sur la recommandation de l’évêque Algare de Coutances (1132-1151). Afin d’assurer à la future communauté les moyens de subsister, il lui concède de multiples propriétés et revenus, tels l’église de Hambye et ses dépendances, la moitié de la laine des moutons qu’il possède autour du mont Saint-Michel, des droits sur divers bois ou prés, des salines… Pour peupler l’abbaye naissante, il sollicite les moines de l’abbaye percheronne de Tiron, aujourd’hui située sur la commune de Thiron-Gardais, dans le département d’Eure-et-Loir. L’ordre de Tiron, assez proche dans son esprit de l’ordre cistercien, est né au début du XIIe siècle en réaction aux désordres relevés dans les monastères bénédictins. Revêtus d’une robe grise, ses frères bénéficient d’une franche estime grâce à leur application rigoureuse de la règle de saint Benoît. Une douzaine d’entre eux prennent possession des lieux, conduits par le nommé Foulques, qui devient premier abbé de Hambye.

Les heures de gloire

La charte de fondation est approuvée au sommet de la chrétienté, par les papes Alexandre III (en 1171 et 1181) et Clément III (en 1187). L’omnipotent Henri II Plantagenêt, duc de Normandie et d’Aquitaine, roi d’Angleterre, comte d’Anjou, confirme cette même charte vers 1180.

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