Les matronymes normands
En Normandie, les matronymes sont particulièrement nombreux. Les plus répandus sont Marie, Jeanne ou Madeleine. Ils sont un souvenir d’une coutume héritée des Scandinaves installés en Normandie.
Blason Normandie. (Jacques Rivière-Le-Maistre enlumineur-héraldiste © Patrimoine Normand)
Dans la Scandinavie ancienne, le concubinage était pratique courante. À côté de la maîtresse de maison, qui avait des responsabilités importantes, vivaient aussi les concubines du chef de famille. Cette pratique sera importée dans la jeune Normandie où on l’appellera le « mariage à la danoise » (more danico). Les ducs eux-mêmes montreront l’exemple, à commencer par le premier d’entre eux, Rollon, qui, après avoir épousé chrétiennement Gisèle, la fille du roi de France, épousa « à la danoise » Poppa, fille du comte de Bayeux et, de leur union, naîtra Guillaume Longue-Épée. Plus tard, du duc Robert et de Herlève sera issu Guillaume « le Bâtard », ce qui ne l’empêchera pas de régner et cette coutume perdurera encore plus tard au sein de la population normande, à l’époque où les noms de famille seront fixés.
C’est ainsi que les matronymes seront particulièrement nombreux en Normandie. Ils signalent à l’origine, des « mères célibataires ». La plupart d’entre eux, comme nous allons le voir, sont très transparents. Certains d’entre eux ont des formes bien normandes comme Mabire ou Sébire qui sont des formes locales de Mabile ou Sibille. Nous en avons relevé une bonne quarantaine. Parmi ceux-ci, certains sont très répandus comme Marie, dans le Bessin (près de 140 à Bayeux dans l’annuaire téléphonique dont de nombreux homonymes).
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