Patrimoine Normand

Hommage au maître du temps : André Hambourg

« Il y avait la lueur d’un orage. Cette étrange lueur jaune et grise couleur de pâleur, de douceur et de peur. La lueur d’un orage dans le ciel d’Honfleur… Et d’un coup de pinceau André Hambourg a mis cet orage en tableau comme on met en bouteille un bateau… »

Honfleur, la fête de la mer, 1973 – huile sur toile.

Honfleur, la fête de la mer, 1973 – huile sur toile. (© Musée Eugène-Boudin/Donation Hambourg-Rachet)

Mis à jour le 20 mai 2026 à 12:32 Par
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En 1951, lors d’un séjour à Honfleur, le poète Michel Vaucaire rencontrait André Hambourg, « jeune » artiste au style si personnel qui lui inspira ces quelques vers. Depuis cette date, les hommages n’ont cessé de se succéder consacrant à la fois l’homme et son œuvre. Critiques, amateurs d’art, amis… tous ceux qui ont rencontré André Hambourg témoignent de sa profonde humanité, de son rapport rare à la vie et de son exceptionnel talent à l’exprimer. Le grand public lui-même ne s’y est pas trompé car, ainsi que le remarquait Noël Lecrecq, dans Le Havre libre du 7 août 1964, le peintre était déjà à cette époque « l’un des plus connus du grand public ». Chacun peut se reconnaître dans la peinture d’André Hambourg ; elle a cette qualité essentielle d’être à la portée de tous tant elle est comme lui, humble et vivante.

Jean-François Masse, Président des Amis du Musée de Trouville, connaissait le peintre depuis vingt-sept ans et confirme la générosité de son ami. Il le définit comme « un grand humaniste », un homme sensible à la moindre vibration du monde qui l’entourait, qui était à l’écoute de ses semblables et avait appris à reconnaître la vie dans chacun de ses instants, même et surtout les plus difficiles. D’ailleurs, si la peinture d’André Hambourg traduit la vie et le mouvement, son œuvre tout entière peut être assimilée à un art de vivre qui retient de chaque moment, de chaque être et de chaque chose sa lumière propre et particulière. C’est ainsi qu’un paysage de pluie révèle toute sa beauté (Sur la jetée, 1969) ou que l’honneur de la guerre exprimée notamment dans Civilisation 37 devient un véritable hymne à la vie.

Photo de André Hambourg qui s’est éteint le 4 décembre dernier (1999), à l’âge de quatre-vingt-dix ans, et repose désormais à Honfleur. La Normandie pleure la lumière de l’homme qui a rejoint, dans l’éternité, les paysages qu’il a aimés et sublimés. Ses toiles, où frémit chaque instant de vie, font de lui le maître du temps.

André Hambourg s’est éteint le 4 décembre dernier (1999), à l’âge de quatre-vingt-dix ans, et repose désormais à Honfleur. La Normandie pleure la lumière de l’homme qui a rejoint, dans l’éternité, les paysages qu’il a aimés et sublimés. Ses toiles, où frémit chaque instant de vie, font de lui le maître du temps. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)

Mais l’honneur et la légèreté sont également très caractéristiques du style d’André Hambourg et se manifestent à travers une multitude de détails pris au quotidien et auquel participe très joyeusement le monde animal. On se surprend à rechercher dans ses compositions la présence du petit chien noir qui devient, au fil des toiles, un véritable compagnon pictural. L’artiste n’aimait pas seulement peindre les animaux, il les sculptait et, à ce sujet, Jean-François Masse ne cache pas son admiration.

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