Le château de Caen
forteresse millénaire
Caen possède l’une des plus vastes forteresses d’Europe, construite au milieu du XIe siècle par Guillaume, et transformée de nombreuses fois depuis, selon les exigences militaires. En partie détruit ou abandonné à partir de la Révolution, atteint par les bombardements de 1944, le château renaît à l’après-guerre par les fouilles exemplaires et pionnières de Michel de Boüard, par l’installation de services culturels dans les bâtiments, mais surtout par le dégagement et les restaurations de ses restes. Les Caennais ont redécouvert un édifice important et complexe, et les projets de mise en valeur vont approfondir leur réappropriation du site.
Château de Caen. Porte Saint-Pierre, reconstruite en 1960, avec dans le prolongement les tours supposées du XIVe siècle de la courtine. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Le château au Moyen Âge, période faste
C’est au cours du Moyen Âge que le rôle du château de Caen est le plus important dans la ville et la région. Plusieurs personnages, plusieurs périodes l’ont marqué.
L’occupation sur le site de Caen est ancienne. Les premières traces datent de 5 000 ans avant Jésus-Christ et le premier village est implanté au premier siècle avant notre ère. La première église est fondée au viie siècle, placée sous le vocable de Saint-Martin. Vers l’An Mil, les habitants se répartissent entre huit paroisses, correspondant à autant de hameaux. L’un d’entre eux, Darnétal (nom d’origine scandinave), se situe à l’emplacement de l’actuelle église Saint-Pierre, devant l’éperon sur lequel a été construit le château. Un autre Catumagus (terme gaulois signifiant « Champ de bataille »), peut-être le vicus dont les traces sont visibles près de l’hôtel de ville, onne son nom à la ville de Caen.
Château de Caen. Porte des Champs vue du fossé. À l’origine constituée par deux tours rondes du XIIIe siècle et d’un corps central carré, elle fut transformée au XVIe siècle. À ses pieds, partant du fossé, un souterrain, joignant la cour. Ce système de sortie cachée pouvait être bloqué de la porte, par le jet de pierre dans un conduit aboutissant à un réduit du passage. Le souterrain n’est pas daté, mais les maçonneries remonteraient au XVIe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Le château est fondé par Guillaume le Bâtard vers 1060 sur l’éperon rocheux, après la bataille de Val ès Dunes mettant fin à la révolte des Barons (voir Patrimoine Normand n° 19, février-mars 1998). La création du château répond à une volonté politique de développer une deuxième capitale normande, éloignée de Rouen, grande ville articulée autour d’un château qui marque aussi la prise de possession d’un territoire par le duc. Il occupe donc un éperon rocheux sur lequel était déjà implantée l’église Saint-Georges et son village. L’enceinte entoure une superficie de 5 hectares, ce qui fait de cette forteresse l’une des plus vastes d’Europe.
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